‹ La jambe noireChapitre 12 sur 23 · II · texte numérisé non relu

II

206 LA. JAMB6 NOIRS

L'ordre fut e&écuté auBc ca«emUe et énergie par lesgendarmes, fuiieux de la mort de leur camarade.

— Gaase-moi la tête et l)ride4Di la cervelle apcès» dît Saint-Yictor à Malabsy.

— Je n'ai pas mes jp^^etoleÉs, répondit le vieuKcbovan, mais j'ai mieux que ça dans non sac. Ytens avec moi» ajouta-tril en sautant an fond du pvits iniôiieur <ptî occupait le centre du cmvL

Saint-Yictor sauta après lui at lui demanda :

— Que vas-tu faire ?

— Leur jou^ un tour que j'Â ia{)^s diu recteur dir ma paraisse de OuestavLbeort, quand il iiMts £abait l» catéchisme, dit le vieux chouan ; je Tais iear iaim comme Sarnson ût aux Philistins*

Il s'était dégè campé «dam tun auffle, les pieds affMijréi rar ume des faces de la pila, le -ém acc4>û]iié xxMitre nne autre, et il poussait de toutes ses forces.

— Merci, camarade, lui dit fiainit-Vieior* Les Uem n'fturont pas le plaisir ide no«s icouper la tôte, et tt»ns ne mourrons pas seuls.

Un cri formidable lui lépondit d'en haat, le cai da triomphe des soldats foi nenaÉaBA d'>escalader ia pursar mide, et dix gendaroftes ^aawtàrent à la fois dans le trou.

— Adieu, Saint-Yictor, huida Halahry. Ici pérm>Rt Sarnson et tous «ceux qui sont avec luL

Un âracas ^ouvantabte couvzit la voix da vieux chouan. La pile, ébranlée par sa base, céda à VeStmi lierculéen qui la secouait, ^, en s'écroulant, ense^velii BOixs une avalanche de bois les bhnes et les àhm*

Le surlendemain de la catastrophe dtr qnad de Chail- 3o*, Ga&netle Robert, leTée des Faube, attetrd'ait dans s& ebambre du payâlon de Flore la visite de son frère. Blte ne l'avait pas vu depuiff Favant-veille et elle savait qve* fae journée qui commençait allait décider de sa destiwée, loi apporter le bonfceor on le désespoir, la mort on la vie.

C'était ce maiin-Ià qu'elle «vaît promis de donner une réponse définitive au brave capitaine qui aspirait à sa main et elle voulait profiter de son entrevue avec le •commancfant pour obtenir le Taissez-passer qui pouvait peut-être encore sauver Charles Valréas.

Quelque énorme que fftt la prétention d'arracher à nn officier de la gendarmerie d'élite un sauf-conduit pour un ehouan, Gabrieltene désespérait pas d'attendrir son frère et d'en tirer ce qu'elle voulait. Eïle s'attendait -de sa part à une vive résistance, mais elle était décidée il aller jusqu'à accepter le mariage qu'il lui proposait, s'il ne consentait à ftivoriser la faite du proscrit qu'à •«ette condition.

A vrai dire, sa résignation cachait une arrière-pensée, et, si elle eût été disposée à interroger sa conscience, elle se serait avoué à elle-même que ce sacrifice était au-dessus de ses forces et qu*au moment de Taccomplir, elle préférerait la mort à une union détestée. Mais elle ne voyait alorsque la nécessité présente,la nécessitéterrible,. inexorable. Il fallait à tout prix.sauver Yalréas, sauf à se soustraire plus tard à Texécution d'une promesse impossible à tenir. Et puis, elle savait bien qu'au dernier moment, plutôt que de la laisser mourir de chagrin, son frère lui rendrait sa parole.

Elle savait aussi que le capitaine Perlier était un honnête homme, incapable d'épouser de force une jeune fille, et qu'en se jetant à ses pieds pour le supplier de renoncer à elle elle obtiendrait grâce. Elle se disait d'ailleurs que, pour racheter la vie d'un malheureux, tout est permis, même la mauvaise fol, et que Dieu lui pardonnerait le mensonge à cause du motif qui la poussait à mentir.

Au surplus, elle n'était pas décidée à rejoindre Valréas en Angleterre, comme elle s'y était presque engagée dans une heure d'entratnement ; mais, si les passions politiques ne s'apaisaient pas, comme elle le rêvait encore, si la proscription qui pesait sur le jeune chouan devait être éternelle, il restait à Gabrielle Robert un dernier refuge, le couvent, et elle avait formé la résolution de s'y jeter, lorsqu'elle aurait perdu tout espoir.

Les deux journées qui venaient de s'écouler lui avaient semblé bien longues, et elle vivait depuis son entrevue avec saint-Yictor dans un état d'exaltation qui ne lui permettait guère de juger froidement les choses. Aussi croyait-elle toujours que Charles était en sûreté dans son asile de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève et se proposait-elle d'y courir, aussitôt qu'elle serait en possession du permis, en passant par le jardin

des Tuileries où il lui avait donné un rendez-vous éventuel et où elle espérait bien ne pas le rencontrer, car sa présence sous les marronniers eût été signe de malheur, puisqu'il n'y devait venir que dans le cas où la chambre du terne sec aurait été découverte par la police.

En sortant du bureau de loterie, Gabrielle n'avait vu aucune figure suspecte, pas même celle du vitrier qui s'était déjà trouvé deux ou trois fois sur son passage, et elle était rentrée au palais sans qu'aucun incident troublât la fin de son excursion aventureuse. L'aprèsmidi, son service auprès de M"*® Bonaparte avait rempli tous ses instants, et le surlendemain, la bonne dame Desrosiers l'avait favorisée de sa compagnie pendant plusieurs heures, de sorte qu'elle ne s'était guère trouvée seule et livrée à ses réflexions que la nuit.

Elle n'avait pas pu, comme elle l'aurait souhaité, ' envoyer chercher son frère, retenu lui-même d'ailleurs par ses devoirs militaires. Mais, du moins, elle avait eu bien soin de se réserver la journée du 3 mars tout entière, e.t il lui tardait d'avoir terminé avec le commandant sa difficile négociation, afin d'user de sa liberté pour aller bien vite porter au proscrit une heureuse nouvelle.

Il y avait encore une autre visite qui lui tenait moine à coeur assurément, mais qu'elle se croyait cependant obligée de faire, ne fût-ce que par reconnaissance. Elle voulait aller remercier cette jeune femme à qui elle devait d'avoir retrouvé Valréas; mais ce n'était pas seulement pour lui exprimer sa gratitude qu'elle souhaitait de la voir.

Gabrielle se souvenait d'avoir entendu Louise Maneheu parler en termes assez vagues d'une grâce à demander, et, quoique l'ex-fermière du Bois-Guillaume ne se fût pas expliquée davantage sur ce point, il n'était pas bien difîcile de deviner qu'elle aussi s'intéressait à un proscrit. Ce proscrit, combien la jeune fille eût été heureuse

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