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>«- Halte 1 vous autres, et ne lusses fioitir personaa répoudit une voixd'en bas.
Maneheu, comprenant que de ce côté la retraite était coupée, remonta quatre à quatre les marches qu'il avait descendues. Liardot essaya de le saisir au passage el reçut un coup de poignard qui lui traversa le bras. Maneheu enjamba le palier d'un bond et continua de grimper vers le haut de la maison.
— A moi ! il va se sauver parles toits I appela Liardot. Cinq ou six hommes éiùergèrent à la fois des profon*
deurs de Tescalier. A leur tête, courait Gaillotte, fort pâli par sa longue maladie et portant encore le bras ea écharpe. En le voyant, Liardot comprit sur-le-champ qu'il venait aveif des agents pour emmener Louise, en exécution des ordres de Fouché.
— Us n'auront que son cadavre et ils arrêteront le scélérat qui l'a tuée, dit-il entre ses dents.
-^ Ëh! bien, papa Sourdat, qu'est-ce que c'est donc? demanda l'espion. Nous venons d'entendre un bruit qui ressemblait assez & un coup de pistolet, et je vous trouve couvert de sang, le bras traversé : est-ce qu'il y aurait du trouble dans votre ménage?
— Venez ! suivez-moi ! l'assassin va s'échapper, el nous lui laissons le temps de fuir.
— ' L'assassin I quel assassin?
— Il va se sauver, vous dis-je ; cet escalier aboutit à un grenier qui s'ouvre sur la toiture ; il peut gagner par ce chemin la maison voisine.
> Et, désespérant de convaincre asses vite l'agent et ses hommes de la nécessité de poui*soivre le fuyard, Liardot allait s'élancer tout seul, mais Gaillotte le retint par le pan de son habit et lui dit froidement :
— Chaque chose en son temps, mon cher Sourdat* Je ne devine pas de qui vous parlez avec tant d'animation, ni quel est l'événement qui vous trouble si fort, mais je
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dois vous dire que je suis envoyé Ici par le patron pour remplir un« mission spéciale et que je tiens à m'en acquitter d'abord.Nous nous mettrons ensuite aux trousses de votre assassin.
Cailiotte, incrédule de sa nature et défiant par état, s'imaginait que son confrère venait d'inventer un crime imaginaire et qu'en criant : à l'assassin I il cherchait tout simplement à détourner son attention et à l'entraîner avec ses hommes sur une fausse piste, afin de donner le temps à la chouanne de se sauver.
— C'est bien. Vous serez responsable de l'évasion de cet homme, dit Liardot avec une sourde colère. Que venez-vous faire ici?
— J'éprouve quelque embarras à vous l'apprendre, • cher et estimable confrère, répondit Gailkytte, maïs enfin» je suis oWigé de faire mon devoir. Voici ce dont il s'agit, et, au surplus, vou« devez vous en douter un peu. Le patron est las d'attendre de votre jolie pensîof^ naire des révélations qui n'arrivent jamais et il m'a donné l'ordre de venir la chercher pour la conduire dé ce pas à la prison de la Force. Il espère que le changement d'air agira favorablement sur cette paralysie dé la langue dont elle est atteinte depuis six mois.
— C'est la brigande que vous voulez? demanda Liardot d'une voix tonnante. Eh ! bien, prenez-la I
Et, poussant d'un coup de pied la porte de l'appartehient, il lui montra Louise étendue sur le carreau, au milieu d'une mare fie sang.
Jacobin, couché près de ce pauvre corps inanimé, hurlait douloureusement. La balle du meurtrier était allée droit au^cœur, et la jeune femme avait expiré sans pousser un cri ; ses beaux yeux s'étaient fermés pour toujours, sans envoyer à Liardot un adieu dans un dernier regard.
Ce spectacle était si lugubre et surtout si imprévu
que Gdllotte, qui n^avait cependant pas le cœur tendre, recula de trois pas et dit, en baissant le ton :
— Diable I diable I voilà qui change la thèse. G*est bien la brigande^ et il me parait qu'elle est parfaitement morte. Le patron n'aura pas ses révélations. C'est sa faute aussi I il ne fallait pas tant tardera prendre un parti.
Liardot, les bras croisés, le front incliné, regardait le cadavre et de grosses larmes roulaient sur ses joues basanées.
— Ah çàl qui donc a fait ce coup-là? lui demanda tout à coup Gaillotte.
Et il pensait :
— Serait-ce lui qui l'aurait expédiée dans l'autre monde pour s'en débarrasser et surtout pour l'empêcher de bavarder ?
Gaillotte ne croyait qu'aux mauvais sentiments et pas du tout à la sincérité des opinions politiques affichées par son confrère.
— Celui qui l'a tuée, c'est l'homme qui fuit en ce moment et qu'il vous plaît de laisser fuir, répondit Liardot.
— Mais d'où vient-il cet homme? comment se nommet-il?
— Cet homme est un chouan. C'est lui qui tenait l'auberge du Chant-du-Cog.
— Boni l'homme au chien I le mari de la brigandet et, au fait, le voilà, le chien que j'ai déjà vu au Palais- Royal et que j'ai tant cherché depuis. Je crois que je commence à comprendre. Et vous dites qu'il se sauve là-haut, par l'escalier ?
— Il doit être déjà loin maintenant, et il vous devra son salut, dit amèrement Liardot.
— Allons, mes drilles, cria l'espion en chef à ses agents, appuyez-moi une chasse à ce gaillard-là, et vivement! Quatre à ses trousses, deux en bas dans la rue pour garder les portes des maisons voisines.
L'ordre s'exécuta aussitôt et l'escouade se scinda en <leux groupes inégaux, dont le plus nombreux s'élança vers les régions supérieures où Pierre Maneheu s'était réfugié.
— Poursuivez-le jusque dans les gouttières, leur dit €aillotte, et ramenez-le-moi mort ou vif. Il me le faut. Vous autres, ajouta-t-il en s'adressant à eeux qui descendaient, veillez à ce que personne ne sorte, et, si le chouan montre son nez dans la rue des Prouvaires, sautez dessus ! Au besoin, les passants vous prêteront main-forte.
Et maintenant que nous sommes seuls,reprit-il quand toute cette canaille eut disparu, contez-moi donc ce qui Vest passé, père Sourdat. Vous devez avoir eu une fière peur. Mais, dites-moi, vous n'avez donc pas pu la défendre?
liardot releva la tète et regarda l'espion d'un tel air 4]ue le drôle se rapprocha insensiblement de la porte, pour s^assurer une retraite en cas de violences de la part de son confrère. Il n'avait pas tout à fait tort, car, en ce moment même, Liardot se demandait s'il n'allait pas tordre le cou à ce misérable qui osait troubler sa douleur et l'interroger à côté de la pauvre morte. Il se rappela à temps que sa tâche n'était pas finie, qu'il avait encore des amis à sauver, un assassin .à punir, et il eut la force de dominer sa colère.
Gaillotte ne sut jamais qu'il s'en était fallu de bien peu que la main vengeresse de celui qu'il appelait le père Sourdat le privât pour toujours du bonheur de jouir en paix de la magnifique gratification à lui accor^ dée par Fouché pour l'arrestation de Gadoudal et du produit du terne sec et déterminé qu'il devait au malheureux Tamerlan.
— Le chouan se servait sans doute de ce chien comme d'un limier pour retrouver sa chouanne, et le chien la