‹ La Jaquerie; la famille de CarvajalChapitre 59 sur 127 · UN AUTRE PAYSAN · texte numérisé non relu

UN AUTRE PAYSAN

Je viendrai avec une soixantaine de gaillards déterminés.

MORAND, se levant.

Chuti j'cnleiuls du bruit. Nous sommes découverts!

LE LOUP-GAROU

Poltron ! ne vois-tu pas que c'est un de mes loups.

Oui, mais il y a d'autres hommes avec lui.

F. JEAN

C'est l^ierre, ce sont de nos"*^ amis. Je l'ai* envoyé acheter des armes àBeauvais, et il nous les apporte*.

(Kntre Pierre avec des paysans portant des armes. | PIERRE.

Tenez, voilà de quoi armer la plus nombreuse compagnie de France.

F. JEAN à Pierre.

Quelles nouvelles de Beauvais?

PIERRE

Messire Enguerrand de Boussies n'a pas plus de quarante lances et de cent archers; il ne pourra rien entreprendre contre nous.

F. JEAN

A-t-on paru surpris de te voir acheter tant d'armes?

PIERRE

Nullement, .l'en ai souvent acheté pour monseicrneur. D'ailleurs, tout le monde se pourvoit à cause des aventuriers et des voleurs qui désolent le pays.

LE LOUP-GAUOU, bas à son lieutenant.

Ce gendarme cassé a une figure qui ne me revient pas.

F. JEAN

Tout se dispose pour la fête leudi sera le jour...

MORAND, bas à F. Jean.

Etes-vous sûr de Pierre?

F. JEAN, bas.

Comme de moi-même. (Haut.) Pierre, combien d'hommes y a-l-il de garde à la porte du château.'

PIERRE

Jamais plus de vingt"^. La moitié est toujours désarmée, couchée sur les bancs, à dormir ou à jouer.

F. JEAN, aux autres.

Vous l'entendez? — Pierre, tu iras avec cent de ces braves gens t'emparer de la porte et du pont-levis, pendant que nous délivrerons Renaud. Je t'expliquerai mon plan plus en détail.

PIERRE

Surtout, mes amis, jnrez-moi de ne point faire de mal aux femmes. Pas la moindre insulte à ces...

LE LOUP-GAROU, brusquement.

Que dit-il, ce valet de Gilbert? Tout ce qui est noble est condamné.

PIERRE

Oui, condamné par toi, loup enragé: mais heu-

reusement qtie tous ces braves gens ne te ressemblent pas.

LE LOUl>-GAROU.

Mon beau ménestrel, je m'en vais te faire chanter une chanson, et je battrai la mesure sur ta tète avec cette masse.

PIERRE, tirant son épce.

Viens ici, scélérat !

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