‹ La JaquerieChapitre 100 sur 139 · I.A JAQIJEIUE · texte numérisé non relu

I.A JAQIJEIUE

RKNAUD.

\()M, je ne puis. J'ai juré au pèic Jean de le suivre partout.

IJIUJWN, à IJarlhélcmi.

I^]t VOUS, compère, est-ce à remuer du fumier (pie vous destinez* ces bras-là? On jurerait qu'ils n'ont été faits (jue pour manier le sabre.

BARTIIELEMI.

Moi, voyez-vous, je resterai encore jusqu'au sac de Paris; après quoi, ma petite fortune sera faite, ou bien j'aurai les reins cassés.

LE LOUP-GAROU

Voilà ce qui s'appelle parler d'or. Trinquons ensemble, mon brave. (On entend des cris confus.)

RENAUD

Oh! oh! D'où vient ce tumulte?

BARTHÉLEMI

Tout le camp est en émeute.

(Entrent F. Jean suivi dune troupe d'aventuriers, et .Morand avec une troupe de paysans.)

F. JEAN

Vous nous suivrez à Meaux, vilains; je vous l'ordonne sous peine d'excommunication.

Oh! nous ne craignons pas les exconiinunications. Vous nous avez dit vous-même de n'en point être effrayés, et que personne n'en mourait.

F. JEAN

Si VOUS osez vous révolter*, si vous ne suivez pas la grande bannière, je saurai vous y contraindre.

MORAND

Mais, mon révérend père, vous nous avez dit dans le tems que nous étions tous libres de faire ce que bon nous semblerait. Pourquoi maintenant, si bon nous semble de rester, ne resterions-nous pas? Et puis nos champs ont besoin de nous.

F. JEAN

Vos femmes les cultiveront.

MORAND

Et si quelque malandrin vient courir le pays, qui défendra nos femmes?

F. JEAN

Nous avons purgé le pays de malandrins. Il n'y a rien à craindre.

MORAND

N'importe. Je ne suis pas un soldat, moi : je suis soûl de la guerre, et je reste chez moi.

F. JEAN

Espèce indocile! misérables vilains! il n'y a donc que les châtimens qui puissent vous toucher? — l^e premier qui quittera la bannière sera pendu comme déserteur.

LE LOUP-GAROU

Bien dit.

l.A .IA(^UEUIE 267

MORAND

Pendu ! Qui ètes-vous donc pour nous faire pentlre? (|uel droit...

RENAUD

Allons, Morand, tais-toi.

F. JEAN

Je suis votre capitaine! Vous m'avez clioisi, vous devez m'obéir.

MORAND

Nous vous avons fait notre capitaine : eh bien ! maintenant nous vous défaisons,

F. JEAN

Insolent! (Aux aventuriers.) Holà, mcssicurs ; aidcz-uioi à châtier cet audacieux rebelle.

SIWARD

Allons! flamberge au vent?

(Il s'avance avec quelques aventuriers pour arrêter Morand.) MORAND à ceux de son parti.

A l'aide, mes amis, soutenez-moi!

SIMON à F. Jean.

Père Jean, nous vous aimons tous, mais ne faites pas de mal à Morand, ou nous serions pour lui contre vous.

RENAUD à F. Jean.

Mon père, laissez-le dans son village : soldat de mauvaise volonté ne peut être utile*.

F. JEAN

Non, non. Il faut un exemple aux autres.

SIWARD

Apprenons à ces marauds la discipline militaire! A Siwardî à Siward!

BROWN à F. Jean.

Voulez-vous que je lui envoie une flèche? Cela sera bientôt fait.

LE LOUP-GAROU

Tire, mon brave. Je n'ai jamais aimé ce poltron de Morand.

RENAUD à Brown qui bande son arc.

Arrête, ou tu vas faire tuer la moitié de nos gens par Tépée de leurs frères.

SIMON

Ne soufîrons pas que ces Anglais maltraitent un d'entre nous.

MANCEL à Morand.

Saint Leufroy te le pardonne, Morand! je crains bien que tu ne causes quelque grand malheur.

THOMA:"' à des paysans .

Gens d'Apremont, si les Anglais vous attaquent comptez sur nous.

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