FOULE DE PAYSANS
N'abandonnons point ceux d'Apremont! soute-
nons l'honneur de la France! A bas les Anirlais ! Montjoie Saint-Denis ! (TumuUe.)
RENAUD, à F. Jean.
Mon père, voyez quelle «guerre va s'émouvoir. Cédez-leur quelque chose.
MANCEL, à Morand.
f^es épées sont tirées, et voilà qu'on bande les arcs. Allons, Morand, un peu moins de raideur.
MORAND, effrayé.
Je consentirai volontiers à tout ce qui sera raisonnable, mais qu'on empêche ce gros Anglais de me lancer sa Hèche.
MANCEL
Bonnes gens, silence! Accommodement!
RENAUD
Bas les armes! De par saint Leufroy! Point de querelles dans la ligue des communes!
MORAND
Je ne veux causer la mort de personne, ainsi je suis prêt à rester jusqu'à la Saint-Jean, si le révérend père s'en contente.
F. JEAN
Un capitaine traiter avec ses soldats!
SIWARD à F. Jean.
C'est ici la tour de Babel; mais nous ne sommes pas les plus forts.
PERDUCAS
Ils sont vingt contre un; ils vont nous assommer, si vous ne consentez à ce qu'ils demandent. Encore si nous étions à cheval.
F. JEAN, après un silence.
Puisque ces nobles capitaines m'en requièrent, je veux bien lui pardonner. Qu'il serve encore jusqu'à la Saint-Jean ; quand même il y aurait alors des ennemis en campagne, il pourra se retirer, ainsi que ses pareils. Il restera toujours assez de braves avec moi. (A part.) Si je puis les tirer une fois de leur pays, je saurai bien les empêcher d'y revenir de sitôt.
RENAUD
La paix! La paix! Vive saint Leufroy! A Meaux! Vite en marche !
TOUS
A Meaux ! Marchons à Meaux ! Finissons la guerre !
PERDUCAS àSiward.
Vous voyez ce que l'on gagne à servir ces misérables. Ils veulent déjà se débander, sans songer que les seigneurs* ont encore une armée à Paris.
Que voulez-vous ? Autant vaudrait laver la tête d'un âne qu'obliger un vilain. (n» sortent.)
LA JAQIJERIE 271