‹ La JaquerieChapitre 21 sur 139 · AVANT-PROPOS. XXIII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. XXIII

chose qu un prétexte à poèmes sur la Fiancée du Timbalier^ à tours de force rytlirrji<iues sur la Chasse du Burf*ravc', ses routiers sont plus vrais que les deux archers emportés par Satan parmi le vol éperdu des hiboux. Il ne se satisfait pas d'une résurrection fantaisiste de la chevalerie et conforme seulement aux goûts personnels, à l'imagination du poète ou aux conventions d'un moment, La réalité violente, brutale, pénible même ne lui fait pas peur : comme Augustin Thierry, comme Barante, comme bientôt Michelet ou Hugo même, dans tel passage de Notre-Dame de Paris, il la peint telle qu'il la voit, avec ses laideurs, avec ses crudités : n'esquisse-t-ilpas, quoique discrètement, un viol? Chateaubriand, quand il indiquait comme une source magnifique d'inspiration littéraire et artistique le moyen âge chrétien, ne s'attendait certes pas à voir naître une telle œuvre, plus conforme au ton des romans de W. Scott qu'à ses rêves et à ses fantaisies.

Le mérite de la Jaquerie est dans cette vérité générale. Mérimée n'a pas su l'observer partout. On peut lui reprocher de prêter à tel de ses personnages des sentiments romanesques et peu vraisemblables; on critiquera plus encore la tonalité peut-être poussée au noir de son coloris, la froideur de ses dialogues et surtout l'impression désagréable que provoque en l'esprit du lecteur l'absence d'unité, de synthèse dans la peinture qu'il fait du moyen âge : il ne jaillit pas de son livre une image précise; le détail est vrai, trop souvent il n'est pas assez évocateur : la Jaquerie est, par là, bien inférieure aux Burgraves autant qu'à Notre-Dame de Paris. Gela ne doit pas faire oublier l'exactitude d'ensemble de l'œuvre, sa justesse, ni la vérité du détail.

Œuvre manquée du point de vue historique aussi bien

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