XXIV AVANT-PROPOS
que du point de vue littéraire, la Jaquerie n'en marque pas moins une étape importante dans l'œuvre de Mérimée : elle l'a préparé au roman historique. Il est armé pour écrire la Chronique du règne de Charles IX.
La Famille de Carvajal
A quelle pensée obéissait Mérimée en joignant à la Jaquerie la Famille de Carvajal? Au souci de grossir un volume qui risquait d'être mince, réduit aux seules Scènes féodales'^ à celui, très romantique, de chercher un effet de contraste? de joindre « à un mélodrame sans le vouloir » un « mélodrame voulu * w ? Il a cédé sans doute surtout au désir de mystifier une fois de plus le public et de lui présenter, avec sérieux, comme un échantillon typique du drame conforme aux théories nouvelles, une charge, une caricature du mélodrame tel qu'il faisait alors les délices des Parisiens.
Que ce fut là son intention, le ton railleur de sa préface le prouverait, à défaut d'une lettre à Stendhal où l'on sent percer l'ironie : En tan de ^râce 1829, écrivait-il à Beyle le 15 mai 1831, j'ai édifié le public avec la Famille de Carvajal, ouvrage moral s'il en fût, et inspiré par la fréquentation des chefs de bureau et de leurs épouses... Ouvrage moral, cette comédie dont H. Patin trouvait « le sujet odieux » ? Mérimée raille, comme il a coutume de le faire. Il a traduit les saynètes de Clara Gazul, comédienne espagnole, et les poèmes illyriques de Hyacinthe Maglano-