‹ La Jeanne d'Arc de M. Anatole FranceChapitre 100 sur 108 · I. Procès, vol. I, p · texte numérisé non relu

I. Procès, vol. I, p

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avaient révélé » ' . Sur quoi on lui demanda : « Avez-vous vu un ange au-dessus de sa tête ? »

Sur ce point elle refusa, tout d'abord, de répondre, car elle avait pris le parti de ne rien dire de la forme revêtue par ses visions. C'est ainsi que, pour la première fois, les examinateurs de la Pucelle introduisirent, dans le procès, la notion d'un ange, de même qu'ils firent ensuite pour celle d'une couronne. Dans cette occasion elle déclara que son roi et d'autres, parmi lesquels était Chai'les de Bourbon, « avaient vu et entendu ses voix venant à elles »-. Ce qu'elle signifiaitpar ces mots, nous l'ignorons: peut-être voulait-elle dire seulement qu'on l'avait vue pendant qu'elle entendait ses voix. Plus tard, elle assura qu'elle n'entendait que personne des assistants de la scène témoignât avoir vu un ange portant une couronne. Mais cette nouvelle affirmation ne fut mise qu'après le moment où elle s'était décidée à dissimuler toute l'histoire du signe apporté au roi sous l'enveloppe d'une pai'abole ou allégorie, fictio quacdam. A plusieurs reprises déjà, précédemment, elle avait averti ses juges qu'il y avait des points, surtout concernant son roi, sur lesquels jamais elle ne leur dirait la vérité.

Le quatrième jour de l'interrogatoire, Jeanne fournit les seules explications qu'elle ait jamais consenti à donner au sujet de ses visions de saints. Puis, de nouveau, on lui demanda si elle « avait vu un ange au-dessus de la tête de son roi, la première fois qu'elle l'avait rencontré ». Et ce fut alors qu'elle répondit : « Par la bienheureuse Vierge, s'il y avait là un ange, je ne sais point ! Pour ma part, je ne l'ai pas vu » ^ i

Ainsi il apparaît clairement que, à cette date, elle ne

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