‹ La Jeanne d'Arc de M. Anatole FranceChapitre 101 sur 108 · Procès, vol. I, p. ^fî · texte numérisé non relu

Procès, vol. I, p. ^fî

APPE>DICES l55

sétait pas encore avisée de l'allégorie qu'elle allait inventer plus tard, puisque dans celle-ci, un ange devait jouer le rôle principal. Comme le dit Quicherat, les questions des juges ne cessèrent point de lui mettre dans l'esprit cette idée d un ange, si bien qu'à la fin, elle 1 adopta, et l'introduisit dans son allégorie^.

A en croire M. Anatole France, Jeanne, pendant qu elle était encore en liberté, se serait vantée d'avoir reçu d'un ange une couronne pour son roi : mais l'exclamation que je viens de citer suflit à faire justice de cett invention, à l'appui de laquelle M. France ne cite que des témoignages qui ne confirment nullement ce qu'il nous dit.

A l'exclamation susdite, Jeanne ajoutait que son roi « avait eu un signe se rapportant à ses faits », liabidt rex sus signuin de factis suis- : et cela encore était parfaitement vrai car son « signe », comme nous le verrons, était la connaissance d'actes du jeune roi que celui-ci croyait n'être connus que de Dieu et de lui-même .

Le cinquième jour de l'interrogatoire, les juges lui ayant demandé « quel signe elle a donné à son roi pour lui prouver qu elle venait de Dieu », elle répond : « Je vous ai toujours déclaré que vous ne parviendrez pas à savoir cela de ma bouche. Allez le demander au roi luimême ! »

A quoi elle ajoute que, ayant déjà été questionnée sur ce point par un grand nombre de gens, elle a promis à Sainte Catiierine et à sainte Marguerite de ne jamais révéler la nature du « signe »'^ Personne autre n'était présent lorsqu'elle a donné le signe au roi : mais il y avait beaucoup de gens dans la salle, hors de portée

Page 1