Procès, vol. I, p
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d'entendre son entretien avec le Dauphin ^ En effet, c'est ainsi que les choses se sont passées lors de l'entretien privé de Jeanne avec le roi, dans la grande salle de Chinon, le premier jour de leur rencontre. Charles a pris la jeune fille à part, et, suivant le témoignage de Danois, tel qu'il nous est rapporté par Bazin, évêque de Lisieux, la conversation a duré pendant plus d une heure. Ceci nous permet de fixer la date de la délivrance du « signe w : elle a eu lieu dès la première entrevue de Jeanne avec Charles VII, à Chinon.
On demande encore à l'accusée : « Vous avez vu une couronne au-dessus de la tète de votre roi, pendant que vous lui remettiez le signe ? » A quoi elle répond : « Je ne puis vous le dire sans me parjurer - ! » faisant allusion à la promesse qu elle a donnée à ses Saints de ne jamais parler de ce sujet. Ce passage a pour nous l'intérêt d'être celui où, la premièi'e fois, les juges introduisent dans le débat la mention d'une couronne.
On demande ensuite à Jeanne si son roi avait une couronne, à Reims : elle répond, comme on l'a vu déjà, que Charles a obtenu une couronne du trésor, mais qu une autre, beaucoup plus riche, lui a été apportée plus tard". Enfin, il convient de noter que, le premier jour de son interrogatoire particulier dans sa cellule, elle déclare que le signe était « bon, honorable digne de croyance, et le plus riche du monde »'.
C est que^ dès ce moment, pour se délivrer des questions importunes de ses juges sur un sujet dont elle avait juré à ses Saints de ne point parler, l'idée lui est venue de voiler le « signe » sous une allégorie. Le signe, en