Procès, vol. I, p
APPEN-DICES i57
réalité, était la promesse faite par elle à Charles, au nom de Dieu, d'une prochaine souveraineté sur la France, c'est-à-dire, symboliquement, d'une couronne à venir : à limage de cette couronne symbolique, elle a résolu de mêler, enfin, celle d'une véritable couronne d'or.
Poursuivant la série de ses réponses, nous lisons que, suivant elle, le « signe » a été révélé à l'archevêque de Reims, à Charles de Bourbon, à la Trémouille, à d'Alençon, et à d'autres encore. Elle entend par là, évidemment, la communication à quelques membres du conseil roval du secret révélé par elle au roi, dans la grande salle de Chinon. La Chronique de la Piicelle nous explique que cette communication a été faite aux conseillers de Charles pour justifier celui-ci d'avoir accepté les services de la Pucelle^ Il est vrai que l'auteur de la Chronique fait ici une confusion, et nous représente Jeanne révélant le secret au roi en présence de d'Alençon, du confesseur royal iNfachet, d'Harcourt et de Trêves : mais nous sommes renseignés sur ce point par le récit de Jeanne ellemême, affirmant qu'elle a transmis le « signe » pendant qu'elle était seule avec le roi, bien que ce fût en présence de beaucoup d'autres personnes, hors de portée d'entendre l'entretien. Nous savons, en outre, que d'Alençon était alors absent de Chinon : mais le secret lui a été effectivement communiqué plus tard, ainsi qu'à d'autres.
Jeanne, en réponse aux questions des juges, continue à ne pas vouloir dire de quelle nature était le signe, s'il était d'or, d'argent, de pierres précieuses, ou encore s'il avait la forme d'une couronne-. C'est plus tard seulement que, devant les suggestions des interrogateurs, elle s'avisera d'accueillir cette dernière image, et de donner à son signe la forme allégorique d'une couronne. Le