Procès, \o\. 1. j)j). i(0-i
« La couronne, lisons-nous ensuite, était telle que nul oi'fèvre sur la terre n'aurait pu la façonner, tant elle était belle et riche. Elle venait de Dieu... Elle répandait un parfum exquis, et continuera à répandre ce parfum, aussi longtemps qu'elle sera convenablement gardée »'. Impossible d'imaginer une allégorie plus transparente ; et, aussi bien, c'est ce qu'ont excellemment compris les défenseurs de Jeanne au procès de réhabilitation. C'est ainsi que, grâce à son ingénieuse « fiction », la jeune fille a pu éviter jusqu'au bout de révéler la nature véritable du « signe », le véritable secret transmis par elle à son roi.
Mais nous, aujourd'hui, comment pourrons-nous savoir ce quêtait ce secret ? jNI Petit-Dutaillis affirme, très sagement, que nous ne possédons aucune explication contemporaine de ce qu était le secret. Et comment en vérité, pourrions-nous en posséder une ? Pour rapporter le secret, il aurait fallu que les chroniqueurs ou auteurs de lettres contemporains le connussent d'abord eux-mêmes; et le compte rendu du procès nous prouve que personne n'en était informé, — à l'exception de ceux qui avaient juré le silence, — car sûrement les juges de Rouen, s'ils l'avaient connu, en auraient tiré parti pour discréditer le roi Charles.
Nous ne pouvons donc pas compter sur les contemporains pour nous renseigner. Mais « plus tard, naturellement, écrit M. Petit-Dutaillis, les témoignages deviennent plus abondants; et, à mesure que, parleur origine même, ils méritent moins de crédit, on constate qu'ils sont plus clairs et plus précis »'. Ceci, au point de vue général de la critique historique, est infiniment judicieux et pro-