‹ La Jeanne d'Arc de M. Anatole FranceChapitre 106 sur 108 · Procès, vol. I, pp. i4:">-iî · texte numérisé non relu

Procès, vol. I, pp. i4:">-iî

2. Histoire de France publiée sous la direction d'E. Lavisse, vol. V, p. 5 I, note i.

i6o APPENDICES

bant : mais, dans le cas particulier qui nous occupe, ainsi que la déjà noté le savant et prudent Quicherat, les témoignages peuvent et doivent fort bien, au contraire, gagner en précision et en clarté à mesure que le temps passe, attendu que cette fuite du temps ne peut manquer d'avoir rendu de plus en plus possible la révélation de la vérité. Charles Vil n est mort qu'en 1461 ; et, jusqu'à sa mort, on comprend qu'aucun loj'al Français n'ait consenti à laisser une relation des doutes du roi touchant sa légitimité, pendant que les adversaires de Charles n'en avaient aucun soupçon.

Le premier témoignage qui nous parle d'un signe donné par Jeanne à son roi, en preuve du caractère divin de sa mission, se trouve dans le Champion des Dames de 1440. Un personnage du poème nous dit que Jeanne « a donné des signes au roi et à son parlement, afin qu il pût comprendre qu'elle venait par grâce divine »i.

Après cela, aucune chronique ne fait mention du signe et de sa nature jusqu'aux environs de 1467. Vers cette date, un groupe de témoignages, tels que celui de l'auteur delà Chronique de la Puce/le. nous apprend que « le signe était quelque chose de grand que le roi lui-même avait fait, et qui n'était connu que de lui seul et de Dieu » -. Vers ce même temps, le Mystère du siège d'Orléans nous représente Jeanne rappelant au souvenir du roi les paroles d'une prière jadis formulée par lui en grand secret'. En 1471, l'évêque de Lisieux Thomas Bazin, né la même année que Jeanne d'Arc (1412), écrit, dans son histoire latine, que Dunois lui a dit avoir appris, de la bouche même du roi, que « ce secret était de telle espèce que Jeanne n'avait pu le connaître que de Dieu » '*. Et enfin 1<'

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