‹ La Jeanne d'Arc de M. Anatole FranceChapitre 19 sur 108 · I. Procès, vol. I, p · texte numérisé non relu

I. Procès, vol. I, p

a. Vol. H, p. afi."».

3o LA. .lEAMNE D ARC DE M. ANATOLE FRANCE

vée, — il se trouvait alors à Orléans, — et ce n'est que vingt-sept ans après cette date qu'il a émis son témoignage ',

Quant à nous, il nous est impossible de décider si Jeanne, durant son procès, a commis vraiment une erreur de mémoire, ou si le compterendu omet simplement de rapporter qu'elle a fait mention de ses deux jours d'attente, — à supposer du moins qu'elle ait été forcée d'attendre durant ces deux jours, comme le Bâtard est absolument seul à nous l'affirmer. Ce qui est sûr, c'est que nous n'avons pas le droit de l'accuser d'avoir manqué de mémoire dans cette occasion.

Mais celle-ci nous offre une preuve nouvelle de l'extraordinaire facilité avec laquelle M . France invente des fables. En eftet, parlant des prêtres qui ont examiné Jeanne avant son admission en présence du roi, il nous dit : « Devant ces gens d'église, de même qu'à Vaucouleurs devant sire Robert, elle répétait, à peu près mot pour mot, ce qu'autrefois avait dit le Vavasseur de Champagne envoyé au roi Jean le Bon, tout comme elle était envoyée au dauphin Charles." ».

I . Procès, vol. III, p. 104. — Dans son premier volume, M. France (p. 181) écrit déjà que Jeanne a attendu deux jours à l'auberge: mais, cette fois, suivant son habitude, il donne pour référence un passage du Procès où il n'est nullement question de la chose.

■i. Vol. I, pp. 72, 188.

LES « SOUVENIRS CONFUS » DE JEANNE "Ji

M. France, ici, ne donne pas l'ombre d'une référence, même fausse, à Tappui de son affirmation touchant ce que Jeanne aurait dit aux «gens d'église ». Et le fait est que toute l'histoire n'est que pure imagination, entièrement sortie du cerveau de l'écrivain. Jeanne venait implorer le roi de se mettre aussitôt en campagne vers Orléans, tandis que le Vavasseur, si jamais ce personnage a existé, est venu avertir Jean le Bon de ne pas livrer bataille !

Ce Vavasseur joue, du reste, un rôle considérable dans r « explication » de Jeanne d'Arc par M. France. Celui-ci nous raconte son histoire, — ou son mythe, — non pas une fois, mais trois fois* ! 11 déclare que « Jeanne a répété, à peu près mot pour mot, ce que le Vavasseur avait dit soixante-quinze ans auparavant. » Mais nous ignorons ce que Jeanne a dit, et, en tout cas, l'objet de ses paroles a été aussi différent que possible de celui des paroles du Vavasseur!

Celui-ci, dans le premier récit de l'anecdote que nous fait M. France, a entendu une voix lui disant : « Va vers le roi Jean et l'avertis de

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