LES « SOUVENIRS CONFUS » DE JEANNE
donné à son roi en mars 1429, elle dit : « Je remerciai le Seigneur bien des fois : car les clercs cessèrent de m'arguer, après qu'ils eurent connaissance de ce signe. » ^ Sur quoi M. France écrit: « C'est depuis lors, au contraire, qu'on commença à l'arguer, ou qu'on l'argua de plus belle. Elle semble oublier que l'entrevue de Chinon précéda les interrogatoires de Poitiers » ■'. Oui, cela est vrai : mais, à Chinon, ni les clercs ni aucun être humain, sauf Jeanne elle-même et le roi, n'ont su ce qu'était réellement le « signe », c'est-à-dire en quoi consistait son gage, à elle promis et confié par ses Voix. Personne autre que le roi n'a connu les paroles secrètes qu'elle lui a dites, dans leur première entrevue.
De la rigueur de ce secret nous avons des preuves abondantes, à la fois dans les lettres contemporaines de 1429 et dans les témoignages de i456^ De sorte que les clercs qui ont examiné