I. Procès, vol. I, p
1. Vol. I, p. 227-228. Le passage cité est: Procès, vol. I, p. 171.
4i LA JEANNE D ARC DE M. ANATOLE FRANCE
Ce saint, d'après M. France, était représenté « sous l'aspect d\in beau chevalier, portant le heaume couronné, la cotte d'armes et Técu, et transperçant le démon de sa lance. On le figurait aussi tenant les balances dans lesquelles il pesait les âmes... Jeanne ne pouvait s'y tromper^ ». Non, certes, elle « n'aurait pu s'y tromper », si vraiment elle avait aperçu un beau chevalier ailé, portant des balances, et surtout s'il avait pris le soin d'amener son dragon avec lui ! De tels chevaliers n'étaient point figures communes, dans le paysage de la vallée de la Meuse. Jeanne aurait été aussi prompte à le reconnaître qu'un enfant anglais reconnaîtrait aussitôt le Père Noël, s'il le rencontrait avec sa Ijarlje blanche et son bonnet de neige. ]\Iais Jeanne a vu cet ange « un o^-rand nombre de fois » avant de l'identifier avec saint Michel.
Je n'aurais pas insisté sur ce passage, insignifiant en soi, s'il ne nous offrait pas un échantillon caractéristique des procédés ordinaires de M. France. Celui-ci, dans son premier volume, nous ayant dit que Jeanne avait vu l'ange en armure, cite bravement jusqu'à cinq passages des aveux de Jeanne à l'appui de son dire : et