LES VISIONS DE JEANNE
quatre de ces références ont même été ajoutées, après coup, dans Fédition « corrigée ». Or, dans chacun de ces cinq passages, Jeanne se refuse à donner aucun détail quelconque sur l'apparence extérieure de Tarchange ^ !
Toujours dans ce même chapitre, !M. France déclare que Jeanne a vu saint ^Michel sous la forme d'un chevalier armé parce qu'elle Ta décrit comme « un vrai prudhomme », c'est-à-dire « un bon chevalier ». Mais « prudhomme » qui signifiait un (c chevalier armé » dans le français du xi*' siècle, avait complètement perdu ce sens au temps de Jeanne d'Arc. Le xv" siècle n'entendait plus, par ce mot, qu'un homme éminemment respectable, clerc ou laïque ; et c'est ce que M. France lui-même semble s'être rappelé lorsque, dans son second volume, il revient sur le même sujet (pp. 320-32 1). Cette fois, il nous dit que Jeanne ic prenait le mot comme dans la Chanson de Roland », poème fameux de la seconde moitié du xi" siècle. Si bien que, pour prouver que Jeanne a vu saint Michel en armure, M. France en est réduit à nous représenter cette fille illettrée comme parlant familièrement la langue archaïque d'une vieille c/irtz/i^o/if/e^e^/ejOubliée depuis des siècles!
I. Vol. I, j). 35 (noie 4). Voyez aussi vol, I, pp. iii (note 1).