‹ La Jeanne d'Arc de M. Anatole FranceChapitre 35 sur 108 · I. Procès, vol. III, p. 44i · texte numérisé non relu

I. Procès, vol. III, p. 44i

Domrémy^ Peut-être a-t-elle même contribué à fortifier la foi de Jeanne dans les promesses de ses saints : mais, à coup sur, nous n'avons nul besoin d'imaginer un prêtre pour la révéler à la jeune fille, ni surtout pour la forger à son intention.

Toute l'Europe occidentale était alors au courant d'une autre prophétie, qui, probablement, aura servi à suggérer le rêve de Marie d'Avignon. Vers ii4oj Geoffroy de Monmouth a publié le livre le plus populaire du temps, YHistoria Britoiuim^ affirmant qu'il l'avait tiré de vieilles sources celtiques. Ce livre a été la fontaine originelle de tous les romans ultérieurs relatifs au roi Brut et au roi Arthur ; et Geoffroy, à ses fables, a également joint des prophéties qu'il a mises dans la bouche de l'Enchanteur Merlin. Dans l'une d'elles, d'ailleurs sans aucun rapport avec les affaires de France, une « Vierge guérissante » était représentée comme devant sortir du iienuis canutum, « la forêt chenue », — c'est-àdire vieille et vénérable, — et il était dit que cette Vierge accomplirait toute sorte de prodiges inintelligibles. Or, il y avait aux environs de Domrémy, sur les frontières de France, un

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