I. procès, vol. 111, p. 83, noie
L INSPIRATION CLKRIC.VLE DE JEANNE 53
certain Bois-Chesnu, ou bois de chênes, que Tesprit populaire avait confondu avec le Bois- Chenu de la prophétie de Merlin. Cette confusion des deux mots chenu eichesnu se retrouve, pour nous, au Procès de Rouen. Dans la troisième des réponses de Jeanne à ses juges, nous lisons que l'accusée a dit « qu'un bois appelé Bois-Chenu, nemus canulum, était visible de la maison de son père ». En réalité, elle avait dit que, au moment où elle se rendait auprès du Dauphin, en mars 1429, « quelqu'un lui avait demandé s'il n'y avait pas, dans son pays, une forêt appelée le Bois-Chesnu, attendu qu'il existait des prophéties annonçant que, du voisinage de cette forêt, allait sortir une vierge accomplissant des prodiges* ». Aussi n'est-il pas étonnant que, dans le pays même de Jeanne, la confusion ait été commune, et qu'une femme de Vaucouleurs, Catherine Royer, ait entendu Jeanne lui dire : « Ne savez-vous pas la prophétie d'après laquelle la France, ruinée par une femme, sera restaurée par une Pucelle venant des marches de Lorraine ? » A quoi Catherine Royer ajoute que, ayant entendu ces paroles de Jeanne, « elle se souvint de la prophétie et fut toute stupéfaite » '.