Procès, vol. II, p
Aussitôt M. France de nous demander : « Qui donc a appris à Jeanne cette prophétie ? Quelcjue pavsan ? On a lieu de croire que les pajsans l'ignoraient » \ A l'appui de cette ignorance des paysans, l'auteur français, dans ses vingt-sept premières éditions, citait le témoignage de Catherine, d'où il résultait que celle-ci connaissait la prophétie susdite ! Dans sa nouvelle édition, il cite toujours la même référence -, mais ajoute : « Cependant, la femme Leroyer, de Domrémy, s'est souvenue de la prophétie, et a été étonnée » ". Mais alors quel motif M. France peut-il avoir de penser que les paysans ne connaissaient point une prophétie qui était bien connue de Catherine Royer (« de Domrémy! ») ? Sans compter que cette même prophétie, comme on la vu, était également familière aux gens de Chinoii, puisque ceux-ci « ne s'étaient point privés de questionner Jeanne au sujet du Bois- Chei^nu ».
Ainsi, nous n'avons pas même le plus faible indice pour nous faire conjecturer que la combinaison de la prophétie de Merlin et du rêve de Marie d'Avignon ait été inventée par un prêtre