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qui aurait entrepris d'envoyer cette petite fille illettrée combattre les Anglais, exploitant à cette fin ses visions, dont nous savons par ellemême qu'elle n'avait encore fait mention à personne, prêtre ni laïc.
L'argument de M. France est que « l'unique objet du clergé était d'assurer la paix de l'Eglise et du royaume ». Ces clercs avaient formé une espèce de conspiration pour assurer la paix en envoyant combattre une petite fille de dix-sept ans ! « Il était nécessaire de préparer le miracle du salut commun. Ne soyons pas trop émus de découvrir ces fraudes pieuses, sans lesquelles les merveilles de la Pucelle ne se seraient pas produites ! » '■
Avant d'être autorisée à accompagner l'armée de renfort que l'on envoyait à Orléans, Jeanne, en mars et avril 1429, fut examinée par un grand nombre de théologiens à Poitiers. M. France nous dit à ce propos : « On est suffisamment édifié sur les dispositions des docteurs, quand on surprend le confesseur du roi répandant lui-même les prophéties fabriquées tout exprès pour accréditer la Pucelle du Bois-Chenu » '.