I. Vol. I, p. XLIM
LA FACILITÉ DE LA TACHE DE JEANNE 6i
faibles et démoralisés ! Nous comprendrions alors facilement le succès de Jeanne, dans une tâche que n'importe quelle petite fille aurait pu accomplir. Oui : mais M. France nous apprend aussi que les Anglais ii ont point fait ce qu'il nous a dit; que, par exemple, ils ont rempli Jargeau de leurs hommes, et que, quatre ou cinq jours après leur départ d'Orléans, Jeanne n'élant point présente pour renforcer les troupes françaises, ils ont repoussé de Jargeau un corps d'assaillants commandé par Dunois, Boussac, et Sainlrailles '. Gratuitement, dans sa préface, M. France attribue aux Anglais un trait de démoralisation, ou, pour mieux dire, de lâcheté, dont il dément luimême l'existence dans la suite de son livre. A-t-il donc écrit sa Préface avant de savoir ce que contiendrait son livre ? ou bien l'a-t-il écrite si longtemps après qu'i la déjà oublié, en l'écrivant, ce qu'il avait mis dans son livre ?
Réduisons l'état des Anglais au pire degré de faiblesse où les documents nous permettent de les réduire : nous découvrirons que la tâche de Jeanne n'en restait pas moins extrêmement difficile. En premier lieu, elle avait à convaincre les F'rancais de la nécessité de réunir une nouvelle