‹ La Jeanne d'Arc de M. Anatole FranceChapitre 44 sur 108 · I. Journal du Siège, dans le Procès, vol. IV, p · texte numérisé non relu

I. Journal du Siège, dans le Procès, vol. IV, p

armée de renfort. Jusqu'au moment de son intervention, le Dauphin et ses conseillers demeuraient dans Finaction absolue : et la ville d'Orléans en était réduite à solliciter vainement la protection du duc de Bourgogne. Les choses en étaient là lorsque Jeanne est arrivée à la Cour, « exigeant avec insistance hommes et chevaux », raconte Dunois\ C'est uniquement par son charme personnel et son énergie que le roi Charles et ses ministres ont pu être amenés à décider la levée d'une armée fraîche, ainsi qu'à ordonner que l'on préparât des provisions. Et ce n'est pas tout. Cette armée, obtenue grâce à elle, et toute la population d'Orléans et du royaume, il est bien évident que c'est Jeanne qui les a animées de la flamme de son propre cœur, — toujours marchant en tête des troupes, l'étendard à la main. En moins d'une semaine, trois grands forts anglais sont pris, la rive gauche de la Loire est dégagée, les Anglais abandonnent Orléans pour occuper des places voisines, d'où ils seront désastreusement chassés avant six semaines : tout cela accompli non seulement en présence de Jeanne, mais sur son ordre, avec son aide, et, véritablement, par elle seule!

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