QUELQUES AUTRES CONTRADICTIONS DE M. FRANCE
On ne saurait imaginer, d'ailleurs, rien de plus troublant que les jugements contradictoires de Fécrivain français sur les aptitudes militaires et Tinfluence de la Pucelle. Le chapitre qu'il consacre aux trois victoires successives de Jeanne à Orléans est tout rempli de détails infiniment à Thonneur de la jeune fille. C'est pour elle que M. France, de la façon la plus précise et la plus expresse, réclame la part suprême dans ces victoires. Il reconnaît par exemple, que, à l'attaque du fort anglais de Saint-Loup, les Français avaient lâché pied et s'étaient répandus par les champs, lorsqu'ils furent rappelés, rassemblés, ranimés et conduits par la Pucelle. « Par elle, ce qui n'était qu'une diversion est devenu une attaque à
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fond ))'. Deux jours après, elle mène l'assaut contre le fort Saint-Augustin, plante son étendard dans le mur, et s'écrie : « Entrez hardiment » " ! Ce jour-là, nous dit M. France, «Jeanne entraîna les habitants de la ville, et balaya hors de leur chemin le vieux sire de Gaucourt, qui essaj-ait d'arrêter leur élan pour sortir des remparts » "\
Le lendemain (7 mai), contre la volonté des capitaines français, Jeanne conduit l'armée à l'assaut du grand fort construit à la tète du pont, les Tourelles'. Dans cet assaut, ^I. France nous la décrit déployant, elle seule, la double qualité de l'élan et de l'obstination. « Seule, la Pucelle se donnait tout entière. » Blessée, elle retourne à l'assaut au moment où Danois a déjà sonné la retraite. Elle décide celui-ci à prolonger l'attaque, ordonne aux hommes de manger et de boire, se retire pendant sept minutes pour prier, et puis, saisissant et agitant son étendard, ramène ses troupes à la charge.
I, Vol. I, p. 33y.
a. Vol. I, p. 34t).