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accompli par une jeune fille, à ce moment décisif qui a terminé la longue journée du 7 mai.
Mais voilà que, cent soixante-dix pages plus loin % dans le chapitre où il nous représente Jeanne comme une figure vaporeuse à peine entrevue parmi les fourrés ténébreux de la forêt deslégendes, voilà que M. France oublie, de nouveau, ce qu'il a écrit ! De nouveau, un autre esprit s'est emparé de lui. Il nous dit qu'un notaire d'Orléans, dans sa sotte et ridicule crédulité, a osé écrire « comment la Bastille Saint- Loup fut prise comme par miracle à force d'armes, présente et aidant Jeanne la Pucelle ». Cette affirmation du notaire lui apparaît le comble de la stupidité ; et cependant lui-même, tout à l'heure, nous a raconté l'histoire d'une façon toute pareille. — allant jusqu'à exagérer, selon moi, la part qu'a prise Jeanne dans cette affaire! Le notaire d'Orléans écrit ensuite que « le siège des Anglais aux Tourelles fut levé par le plus évident miracle qui ait eu lieu depuis la Passion ». Peut-être l'expression est-elle trop forte : mais assurément, entre tous les « miracles » militaires que nous offre l'histoire,
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QUELQUES AUTRES CONTRADICTIO>'S 69
cette capture du fort anglais par le courage et l'énergie d'une jeune fille, au moment où Dunois a désespéré, constituait un phénomène sans précédent jusqu'alors, et qui, aujourd'hui même, reste inégalé. Et M. France, après nous avoir cité cette phrase du notaire comme un échantillon prodigieux d'ineptie, ajoute que, en outre, le notaire « atteste que la Pu celle conduisait la besogne ! » Cette dernière assertion semble le démonter complètement : il s'arrête, après elle, pour gémir de ces folles poussées de légendes que l'historien est forcé d'écarter du pied, à chaque pas de sa route.
Et cependant, ce que nous affirme le notaire, il n'est pas humainement possible de le mettre en doute. Oui, assurément, c'est bien la Pucelle qui a « conduit la besogne » ! Quand M. France nous l'a dit à son tour, un peu plus haut, dans un style sonore et tout vibrant d'enthousiasme, il n'a fait que se conformer à des témoignages n'admettant point d'être discutés. Mais h présent il conclut, en repoussant du pied le notaire imbécile : « Quand les témoins ne se rendaient point un compte exact des événements, quelle idée pouvait-on s'en faire au loin ? » C'est maintenant la période du frisson de froid qui a envahi M. France, au sortir de sa période d'exaltation
brûlante. Cette histoire, qu'il nous avait très éloquemment racontée, voici qu'il a cessé d'y croire ! Heureusement, il n'en reste pas moins que l'histoire est vraie.