‹ La Jeanne d'Arc de M. Anatole FranceChapitre 50 sur 108 · LES QUALITES MILITAIRES DE JEANNE 7J · texte numérisé non relu

LES QUALITES MILITAIRES DE JEANNE 7J

« Elle ne conduisait pas les gens d'armes, les gens d'armes la conduisaient, la tenant non pour chef de guerre, mais pour porte-bonheur' ». Assertion d'autant plus étrange qu'elle vient tout de suite après le récit, fait par M. France, de la manière dont Jeanne a conduit les troupes françaises aux prises successives de Saint-Loup, des Augustins, des Tourelles, et de Jargeau-. Il convient de dire, en faveur de M. France, qu'il contredit ses propres assertions tout aussi galamment, et d'un cœur tout aussi léger, qu'il contredit les témoignages sous serment des compagnons d'armes de Jeanne. Par exemple, c'est avec l'histoire qu'il se met en contradiction lorsqu'il nous dit que, en 1429, on ne possédait point de cartes géographiques : deux siècles auparavant, déjà nous entendons Giraldus Gambrensis déplorer la perle de ses cartes, qu'il avait destinées à illustrer le récit de ses voyages. Mais l'éminent biographe ne conireait que luimême, et nul autre, lorsqu'il écrit : « Ce n'est pas Jeanne qui a chassé les Anglais de France ; si elle a contribué à sauver Orléans, elle a plutôt retardé la délivrance en faisant manquer.

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