‹ La Jeanne d'Arc de M. Anatole FranceChapitre 63 sur 108 · I. Revue hisldiK/iie, vol. 98, p · texte numérisé non relu

I. Revue hisldiK/iie, vol. 98, p

été transmises, la jeune inspirée, dans les premiers temps de sa mission, parlait alternativement deux langages différents. Ses paroles semblaient couler de deux sources opposées. Les unes, ingénues, candides, naïves, courtes, d'une simplicité rustique, quelquefois rudes, empreintes d'autant de chevalerie que de sainteté, avaient trait, le plus souvent, à l'héritage et au sacre du Dauphin, et à la débellation des Anglais. C'était le langage de ses Voix, son vrai langage, son langage intérieur. Les autres, plus subtiles et teintées d'allégories, fleuries, quintessenciées, d'une grâce savante, concernant l'Église, sentaient le clerc, et trahissaient quelque influence du dehors »'. D'autre part, dans son second volume, page 264, nous lisons : « A Rouen, il ne subsiste plus en elle aucune trace de ces idées mystiques, et elle semble môme incapable de les avoir jamais eues... On en arrive à croire que cette théologie politique lui avait été enseignée, dans son âge tendre et ductile, par des clercs désireux de remédier aux maux de l'Eglise et du royaume, mais qu'elle n'en avait point pénétré profondément l'esprit ni bien possédé le sens, et que les termes mêmes

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