I. Vol. I, p
a. Vol. 1, p. 56. Procès, vol. II, p. 426, — en réalité, p. 427.
96 LA .lEAN.NE D ARC DE M. ANATOLE FRANCE
Comme la plus grande partie des témoignages anciens se trouve être en langue latine, il n'est pas hors de propos de noter que M. F'rance se montre étrangement inhabile à comprendre cette langue, ou bien qu'il a eu sous la main une traduction française étrangement défectueuse'. Il écrit, par exemple, que Jeanne « savait d'avance qu'elle devait être blessée à Orléans, et l'avait prédit à son roi, ajoutant qu'il l'employât tout de même » -. A l'appui de cette curieuse remarque de Jeanne, le biographe ne nous cite aucune autorité : mais sans doute il se sera souvenu d'un passage où Jeanne, après avoir raconté qu'elle avait prévu sa blessure, ajoute qu'elle la prédite à son roi, tout en assurant que sa blessure ne l'empêcherait point de continuer à aeir ^ inon dimitteret iilteriiis ne^otian\ Ce sont ces mots que ^M. France traduit par : « que le roi l'employât tout de même ». Et la véritable traduction, est, ici. dautant plus importante qu'elle nous fait voir une prophétie destinée à se réaliser exactement trois semaines plus tard :
1. M. Salomon Reinach a signalé déjà quelques exemples de l'inaplilude de M. France à traduire le latin le plus élémentaire {Revue critique, 1908. pp. 210-218. et HjOf), pp. 182-188).