ACTE III
parle froidement, et n'a point cette ardeur qui te convient. Leurs pensées ne s'élèvent point à la hauteur de tes mystères. Amour, tu es le seul maître digne de toi, et tu sais seul t'exprimer toi-même. Tu enseignes aux esprits les plus grossiers à lire ces admirables choses que tu traces dans les yeux, de ta propre main, en lettres amoureuses. Tu mets sur les lèvres de tes tidèles d'éloquentes paroles, et souvent (ô étrange et nouvelle éloquence de l'amour !), souvent un langage confus et brisé traduit mieux les secrets du cœur et paraît plus passionné qu'un discours orné et savant. Le silence même parle et implore.
Amour, qu'un autre étudie les livres deSocrate; pour moi, c'est dans deux beaux yeux que j'apprendrai ton art, et les vers des plus doctes poètes pâliront près des rimes sauvages que ma main rustique gravOTa sur l'écorce des arbres.
m* oc DEVXIEMR ACTE.