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la guerre. Les sujets de querelles ne manquent jamais, et tu nous veux bien pour ennemis, puisque tu n'adhères pas à nos premières offres. »
Puis il prend son manteau parle bord, le courbe, en fait un pli qu'il présente à Godefroi, et reprend d'un ton plus dédaigneux encore et plus farouche : a 0 toi qui braves les plus incertains hasards, je t'apporte en ce pli et la guerre et la paix ; choisis à ton gré, mais choisis sans retard. »
Ce geste outrageant et ce langage transportent tous les guerriers francs, qui demandent la guerre d'une voix commune, sans attendre que Godefroi , leur chef magnanime, lui ait répondu. Argant alors secoue le pli de son manteau : « Je vous défie, dit-il, à une guerre mortelle. » Et il prononce ces paroles d'un air si féroce et si terrible, qu'il semble ouvrir le temple ferm4 de Janus.
On dirait que de son sein s'échappent la Fureur insensée et la Discorde impie. Dans ses yeux épouvantables on croit voir étinceler les grandes torches d'Alecto et de Mégère. Le mortel orgueilleux qui dressa jadis contre le ciel la grande tour de l'erreur était sans doute ainsi ; ainsi le vit Babel lever le front et menacer les étoiles.
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« Allez dire maintenant à votre roi, ajoute alors Bouillon, qu'il vienne et qu'il se hâte ; que nous acceptons la guerre dont vous nous menacez, et, s^il ne vient pas, qu'il ait à nous attendre aux bords de son Nil. » — Puis, d'un air doux et gracieux, il les accompagne et les honore de magnifiques présents. 11 donne à Alète un casque très-riche, pris à Nicée parmi d'autres dépouilles.
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Argant reçoit une épée. La garde et le pommeau en sont d'or et de pierreries; mais l'ouvrier y a mis tant d'art, que la riche matière est inférieure au tiavail. Après en avoir soigneusement examiné la trempe, la richesse et les ornements, Argant dit à Bouillon : « Tu verras bientôt quel usage je saurai faire de tes dons.»
60 LA JÉlîlSALEM DÉLIVRÉE.