‹ La Jérusalem délivrée, suivie de L'AminteChapitre 12 sur 114 · XCIV · texte numérisé non relu

XCIV

Leurs congés pris, Argant dit h son collègue : « Partons maintenant, moi pour Jérusalcnij toi pour l'Egypte ; toi au jour levant, moi au tomber de la nuit. Ma présence et me> lettres sont inutiles où tu vas. Porte la réponse. Moi je ne veux pas m'éloigner de ces lieux où l'on traite les armes à la main . »

Ainsi d'ambassadeur il se constitue ennemi. Si sarésolution est juste ou inopportune ; si elle blesse ou non le droit des nations et l'antique usage, il n'y songe ni ne s'en inquiète. Sans prendre de repos, par le silence protecteur des étoiles, il marche vers les murs de la ville. — Son compagnon, qui demeure, ne se montre pas moins impatient de s'éloigner,

C'était la nuit, alors que reposent profondément les vents et les eaux. Le monde semblait muet. Fatigués, les animaux qui habitent la mer ondoyante ou le fond des lacs limpides, et ceux qui gisent dans leur tanière, et ceux retirés dans les étables, et les oiseaux de plijjnages variés, tous, dans le silence des ombres mystérieuses, sentent leurs chagrins s'assoupir et leurs inquiétudes se calmer.

Mais ni le camp ni le chef des fidèles ne s'oublient au repos du sommeil, tant ils sont impatients de voir resplendir au ciel l'aube fortunée qui doit leur montrer le chemin et le' conduire à la cité, but sacré de ce passage. De temps à autre ils regardent si quelque rayon ne brille pas et n'éclaircit point les ombres de la nuit.

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