‹ La Jérusalem délivrée, suivie de L'AminteChapitre 15 sur 114 · XL · texte numérisé non relu

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11 les ouvre trois fois, et cherche à jouir des doux rayons du ciel ; il se soulève sur un bras, et trois fois il tombe, et un voile noir lui couvre les paupières, qui se ferment enfin pour jamais. Ses membres s'affaissent, un froid mortel les roidit et les inonde de sueurs. — Près du corps inanimé le farouche Argant ne s'arrête point 3 il passe outre.

Et, tout en se retirant, il se tourne vers les chrétiens et leur crie : « Chevaliers, cette épée sanglante est celle que votre maître me donna hier. Dites-lui quel usage j'en ai fait aujourd'hui. 11 l'apprendra sans doute avec plaisir, et sera charmé de savoir que la bonté de son présent égale sa magnificence.

XLvni.

« bites-lui qu'il s'attende à en voir une preuve plus certaine dans ses propres entrailles, et que, s'il ne se hâte de nous attaquer, nous irons le surprendre où il se trouve. )> — Irrités de ces paroles féroces, les chrétiens s'élancent tous à l'envi sur Argant, mais déjà il est avec les siens en sûreté, sous la garde des murailles protectrices.

xux.

Les assiégés font alors pleuvoir une grêle de pierres du haut des murs, et d'innombrables archers lancent tant de traits, qu'il est force aux troupes chrétiennes de s'arrêter, et les Sar-

rasins entrent dans la ville. Mais Renaud, débaixassé de soncheval gisant, s'est porté là.

Il vient pour tirer une terrible vengeance de la mort cruelle de Dudon. Arrivé parmi les siens, il leur crie fièremenl : « Pourquoi ce retard, et qu'attendez- vous? Puisqu'il n'est plus le héros qui nous guidait, que ne courons-nous en hâte le venger ? Quoi ! dans un si grave sujet de courroux, une muraille fragile nous peut-elle opposer sa barrière?

« Non; fussent-ils ceints de fer et de diamant, ces murs ne seraient pas pour le farouche Circassien un refuge assuré contre nos puissants efforts. Allons donc à l'assaut !» — Et lui-mêmp, avant tous les autres, s'élance à ces paroles. Sa tête sereine ne craint ni le tourbillon des pierres, ni l'orage des traits.

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11 dresse et secoue un front plein d'une si terrible audace, que, jusqu'au sein de leurs murailles, il glace les assiégés d'une épouvante inconnue. Tandis qu'il encourage les uns et menace les autres, survient un ordre qui enchaîne son ardeur. Godefroi leur envoie le bon Sigier, ministre sévère de ses commandements.

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