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Il dit ; — et déjà la nuit obscure avait éteint tous les rayon» du jour, mis dans l'oubli toute soucieuse inquiétude, fait trêve pux larmes et aux gémissements. Mais Godefroi, qui pense ne pouvoir jamais abattre les remparts sans machines de guerre, songe aux moyens d'avoir des poutres, et aux formes qu'on donnera aux machines. Il goûte peu de sommeil.
Il se lève avec le soleil, et veut lui-même suivre la pompe funèbre Au pied d'une colline, non loin des tentes, on a construit pour Dudon un sépulcre de cyprès odorants. Au-dessus, un grand palmier dresse ses rameaux. C'est là qu'on place son corps, tandis que les prêtres implorent, par des chants, le repos pour son âme.
LXXUI.
Aux rameaux sont appendus des trophées et diverses armes étrangères que Dudon enleva jadis, en de plus heureuses entreprises, aux nations de Syrie et aux Persans. Sa cuirasse et les autres pièces de son arnuue sont attachées au milieu du tronc. Puis on y grave ces mots : « Ci-gît Dudon : honneur à l'illustre guerrier. »
Mais lorsqu'il s'est acquitté de ce pieux et triste devoir. Bouillon envoie, sous bonne escorte, tous les ouvriers du camp à la forêt. Elle est cachée entre des vallons; un homme du pays l'avait découverte aux Francs ; ils s'y rendent pour fabriquer des machines contre lesquelles la ville n'aura point de rempart.
Ils s'animent les uns les autres à couper les arbres, et font à ce bois des outrages qu'il n'a jamais ressentis. Sous le fer tranchant tombent les sacrés palmiers, les frênes sauvages, les funèbres cyprès, les pins, les cèdres, l'yeuse touffue, les hauts sapins, les hêtres et les ormes auxquels s'appuie et s'entrelace la vigne, qui monte tortueuse vers le ciel.
On abat et les ifs et les hêtres qui ont renouvelé mille fois leur feuillage, et, mille fois inébranlables, ont vaincu la colère des vents. Les roues gémissent sous le poids des .oi mes et deà cèdres. Au bruit des instruments et aux cris confus des travailleurs, les bêtes fai^'es abandonnent leurs tanières, et les oiseaux leurs nids.
CHANT lY.