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Guelfe redouble sans l'atteindre, car le Sarrasin Osmide, qui vint à passer, reçoit le coup. Autour de Guelfe se rallient plusieurs des guerriers qu'il commande; la foule s'accroît' aussi de l'hiHre part, et la bataille devient de plus en plus sanglante.
Cependant l'Aurore montrait du balcon céleste son beau
visage empourpré. Au milieu du tumulte, le féroce Argillan s'évade de sa prison, et, couvert à la hàle de la première armure que lui offre le hasard, il court expier ses fautes par de nouveaux services et de nouveaux exploits.
Tel un coursier fuit le haras royal où on le nourrit pour les combats, et, libre enfin , vole par la plaine au sein des troupeaux, au fleuve ou au pâturage accoutumé; sa crinière se joue sur son cou, sa tête superbe se balance , ses pieds réson nent dans sa course , et l'on dirait qu'il vomit le feu quand il fait résonner les campagnes de ses hennissements ;
Tel accourt Argillan. Son regard est embrasé, son Iront intrépide et hautain, ses bonds si légers, qu'il imprime à peine sur la poussière la trace de ses pas. Arrivé au milieu de ses ennemis, il élève la voix à la manière d'un homme qui ose tout et ne redoute rien : a 0 ,vil rebut du monde , stupides Arabes, qui vous inspire aujourd'hui tant d'audace ? Lxxvn.
« Impuissants à soutenir le poids des casques et des boucliers, vous ne savez ni vous armer ni vous défendre. Nus et timides, le vent emporte vos coups d'épée , et votre salut est dans la fuite. Vous ne commettez que des prouesses nocturnes, et quand les ombres vous sont en aide. Mais la nuit se dissipe; qui vous défendra maintenant ? Vous auriez besain d'armes plus redoutables et d'un courage plus assuré.»
LXXVIU.
En parlant de la sorte, il donne à Algazel un si rude coup à travers la bouche, qu'il lui tranche la gorge : des mots inarticulés expirent sur les lèvres du barbai'e, une obscurité subite lui dérobe le jour, et un froid de glace lui court dans les veines; il tombe, et, dans sa rage , il ai^rd. en e.vcirant, cette terre odieuse.