I.XXXII
11 y déploie une étonnante audace, et la défense qu'on lui oppose est vive et meurtrière. Mais la nuit s'abaisse et répand sur le monde l'horreur ténébreuse de ses ailes. Ses ombres pacifiques s'interposent au milieu des fureurs humaines. Godefroi fait cesser le combat, et opère la retraite. Lxxxni.
Mais, avant de quitter le champ de bataille, le pieux Bouillon fait emporter les malades et les blessés. Il ne laisse pas non plus en proie aux ennemis le reste des machines de guerre. La grande tour, terreur première des Sarrasms, bitn qu'endommagée en maint endroit, reprend la route du camp.
Échappée à de grands périls, elle allait désormais reposer en lieu sûr : mais comme parfois un vaisseau qui a couru la mer orageuse à pleines voiles et bravé les ondes échoue en vue du port, sur les sables ou contre un pei'fide écueil ; ou tel encore un coursier qui a franchi des routes escarpées chancelle et tombe au seuil de son asile ;
Ainsi la tour menace ruine. Du côté le plus exposé aux pierres, deux roues les plus faibles se brisent, et laissent en chemin comme un amas de débris pendants. La troupe qui la conduit l'étaye et la soutient, jusqu'à ce que d'habiles ouvriers en réparent les dommages.
Ainsi Godefroi l'ordonne ; il veut qu'elle soit réparée avant le jour nouveau. 11 place autour de la monstrueuse machine des sentinelles pour en défendre l'approche. — On entend de la cité le bruit sonore des instruments et des voix; mille flambeaux s'allument et trahissent les travailleurs.