CHANT QUINZIÈME
Déjà les rayons du jour naissant rappelaient tout mortel à son œuvre, lorsque le sage, venant aux deux guerriers, leur apporte la carte, le bouclier et la verge d'or. « Préparez-vous, leur dit-il, au grand voyage, avant que le jour qui point soit plus haut monté. Voilà tout ce que je vous ai promis, et tout ce qui peut triompher des enchantements d' Armide. »
Ils se lèvent, couvrent leurs bras nerveux de leurs armes, suivent le vieillard par des chemins que le jour n éclaire pas encore, et s'en retournent par les mêmes sentiers qu'ils foulèrent à leur venue. Mais arrivés au lit du fleuve : « Adieu, leur dit le vieillard, et soyez heureux. »
Le fleuve les reçoit en son sein profond, l'onde les soulève doucement et les porte comme une feuille légère que la tourmente a ballottée et qu'elle dépose ensuite sur la rive. Alors ils aperçoivent le guide pronàs. Un petit vaisseau se montre à leurs yeux, et sur la poupe est la femme qui doit les conduire.
Ses cheveux encadrent son front ; ses regards sont doux et bienveillants. Elle ressemble aux anges, tant sa figure jette d'éclat et rayonne. Sa robe paraît tantôt pourpre, tantôt azur,»
st sa couleiT.' chatoyante se transforme à l'œil qui La regarde.
Ainsi le plumage qui ceint le cou de l'amoureuse colombe ne se montre jamais semblable à lui-même, et se peint de toutes les nuances au soleil. Tantôt il tigure un collier de rubis étincelantb, tantôt il s'allume des feux de l'émeraude; tantôt il fond ensemble toutes ses couleurs, et, toujours brillant et varié, il charme de mille manières les regards.
« Entrez, heureux mortels, leur dit l'inconnue, dans cette barque qui sillonne sans danger l'océan. Tout vent lui est favorable ; toute tempête lui semble calme, et tout fardeau, un poids léger. Mon raaitre, prodigue de ses faveurs, m'ordonne de vous servir et de vous guider. » Ainsi parle cette femme, puis elle fait approcher la nef du rivage.
Quand le noble couple y est entré, elle s'éloigne du bord, et, les voiles déployées au vent, elle s'assied au gouvernail et dirige le cours. Le torrent grossi soutiendrait sur ses vagues de grands vaisseaux, mais cette barque est si légère, qu'un ruisseau la porterait.
vm.
Plus impétueux que d'ordinaire, les vents poussent la voile vers le rivage. Les eaux blanchissent d'écume et se brisent sur la proue en murmurant. Ils arrivent enfin à l'endroit où le fleu''e, dans un lit plus spacieux, roule des eaux plus calmes, puis, se précipitant aux vastes gouffres de la mer, il disparaît.
is.
A peine la nef miraculeuse a-t-elle atteint les bords de la mer alors agitée, que les nuages se dissipent et que le vent, qui menaçait de gronder, s'apaise. Une douce haleine aplanit les vagues, et ride seulement leur surface bleuissante. Le ciel rit dans sa sérénité ; jamais il n'a paru plus éclatant.
La nacell-e dépasse Ascalon, et cingle à gauche vers le couchant. Elle appioche bientôt de Gaza, qui était jadis un port; :.iais des anciennes ruines est sortie une cité grande et puis-
santé. Les phiges en étaient alors couvertes de soldats aussi nombreux que les grains de sable.
Les yeux tournés sur la terre, les deux passager aperçoivent des tentes innombrables. Ils voient les cavaliers et les fantassins aller et revenir de la ville au rivage. Les sentiers sablonneux sont foulés et broyés par le.s éléphants et les chameaux. Puis, au fond du port, ils voient les vaisseaux qui reposent à l'ancre.
Les ims ont les voiles étendues, d'autres font mouvoir leurs rames agiles et écumer la mer sous la proue. La femme qui les guidé leur dit alors : « Quoique les infidèles couvrent le rivage et la mer, leur puissant monarque n'a pas encore rassemblé toutes ses troupes.
« Il a seulement réuni celles d'Egypte et des provinces environnantes. Il attend celles des pays plus lointains, car son vaite empire se prolonge de l'orient au midi. Mais j'espère que nous serons de retour avant qu'il se soit mis en marche, lui ou le capitaine qui commandera son armée. »
Elle dit ; — et comme l'aigle passe tranquille au milieu des autres oiseaux, et monte en son vol si près du soleil, que nul regard ne pput plus le saisir, ainsi la nacelle semble voler entre les vaisseaux. Elle n'a ni souci, ni crainte qu'on l'arrête ou qu'on la suive; elle s'éloigne et se dérobe à leurs yeux.
En un moment, elle atteint Rafli, la première ville de Syrie qu'on découvre en venant d'Egypte ; de là elle passe aux rives stériles de Rhinoco'are. Non loin, ils découvrent un promontoire qui domine las eaux de sa tète altière. Ses pieds se baignent dans la mer, et les cendres de Pompée reposent en son sein. ;
Ils sont en vue de Damiette : ils signalent les sept bouches fameuses et les cent autres moins connues par où le Nil porte à la mer le tribut des eaux du ciel. Ils côtoient la cité que fonda pour des Grecs un Grec victorieux; puis le Phare, i\»
autrefois séparée du rivage, et qui maintenant s'y trouve unie.
Ils laissent loin au nord Rhodes et la Crète, ei côtoient l'Afrique, dont les rivages sont fertiles et cultivés, mais dont l'intérieur n'est qu'un sable aride, peuplé de monstres. Ils rasent la M.irmarique, et la contrée où Cyrène eut cinq villes. C'est là qu'on voit Ptolémaïs, et que le fabuleux Léthé roule ses eaux dormantes.
xvni.
Gagnant la haute mer, ils évitent la grande Syrie, funeste aux navigateurs; ils doublent le cap de Judecque et traversent le détroit de Magre. Tripoli apparaît sur le rivage, et en face Malte se dérobe, cachée au milieu des eaux. Derrière eux avec les autres Syrtes reste Alzerbe, habitée jadis par les Lotophages.
Ils découvrent Tunis au fond d'un golfe formé par deux montagnes; la riche Tunis, ville sans égale dans la Libye. A ses côtés est la Sicile, d'où se dresse le grand Lilybée. La conductrice montre alors aux deux guerriers le lieu où fut Carthage.
L'altière Carthage n'est plus ; à peine si le rivage conserve encore quelques vestiges de ses ruines. Les cités et les royaumes périssent, le sable et l'herbe couvrent les fastueux monuments, et l'homme s'indigne de mourir ! Ah ! son esprit est bien ambitieux et bien superbe ! — Us passent ensuite devant Biserte, et l'ile de Sardaigne est plus loin à droite.
Ils franchissent ces rivages où les Numides vivaient jadis en pasteurs errants. Ils voient Bougie, Alger, infâmes retraites de corsaires, et trouvent plus loin Oran, puis les rives de la Tingitane, nourrice des lions et des éléphants, et où seront un jour les royaumes de Fez et de Maroc, en face du royaume de Grenade.
Us touchent à ce détroit que la Fable met au nombre des travaux d'Hercule Ces bords, autrefois contigus sans doute, furent séparés par quelque grande catastrophe. L'Océan força
ce passage, et les eaux jetèrent d'un côté Abila, et de l'autre Caîpé, et l'Espagne fut détachée de la Libye. Tant les siècles peuvent opérer de changements 1
Quatre fois le soleil avait paru à l'orient, depuis que la nef a ait quitté le rivage . Elle avait franchi ce grand espace sans avoir jamais eu besoin de chercher un abri dans un port. Enfin ils passent le détroit et s'élancent sur l'immense Océan. Si la mer est si vaste, resserrée entre deux côtes, quelle n'est pas l'étendue de l'Océan, qui fait de ses eaux une ceinture au globe !
La fertile Cadès et deux îles voisines disparaissent à leurs yeux. Les terres et les nvages fuient, le ciel et les eaux se confondent. Alors Ubalde : « 0 toi, dit-il, qui nous conduis sur cette mer ûans bornes, dis-nous si jamais on pénétra si avant; dis-nous si, par delà ces ondes, il y a encore des habitants. »
— « Hercule, lui répond- elle, les monstres d'Afrique et d'Espagne exterminés, tous vos rivages parcourus et conquis. Hercule, n'osa braver le profond Océan. 11 marqua les limites de l'univers et resserra l'esprit humain dans un trop court espace. Mais Ulysse, dans son ardeur de voir et d'entreprendre, dédaigna ces bornes.
— « îl dépassa les Colonnes, et sur la mer, toute grande ouverte à ses rames, il déploya son vol audacieux. Mais sa science maritime ne lui fut en rien utile, car l'Océan le submergea. Cet événement, ignoré parmi vous, est un mystère enseveli sous les vagues avec son corps. Si quelque autre mortel y fut poussé pai" les vents, il a péri dans les eaux, ou du moins n'en
revint pas.
xxvn.
« Ainsi cette grande mer sur laquelle nous voguons est inconnue. Elle renferme cepenaont des milliers d'iles et de royaumes. Les terres en sont peuplées et fécondes comme les ^ ôUes. Elles produisent abondamment, car la chaleur qu'y répand \e soleil ne peut être stérile. » Ubalde reprend alors :
« Dis-moi quelles sont les lois, quel est le culte da ce monde ignoré. »
xxvni.
« Chaque peuple, répond-elle, a ses rites, ses mœurs et sa langue. Les uns adorent des monstres ; d'autres, la terre, la mère conimmie ; d'autres enfin, le soleil et les étoiles. 11 en est qui cliargent leurs tables impies d'abominables mets. Toute nation, en somme, qui habite au delà de Calpé a des mœurs barbares et des croyances impies. »
s XIX.
« Le Di»eu descendu parmi les nations pour y répandre la vérité, répliijue Ubalde, a donc voulu en dérober les rayons à cette grande partie de l'univers? — Non, reprend la conductrice; la foi de Pierre y sera nn jour introduite ainsi que tous les arts, et cette grande distance ne sera pas toujours entre ces peuples et vous une barrière insurmontable.
« Un jour viendra que les colonnes d'Hercule seront une fable méprisée des navigateurs. Et ces mers lointaines aujourd'hui sans nom, ces nations inconnues encore, deviendront célèbres parmi nous. Le plus hardi des vaisseaux fera le tour des mers : vainqueur de tous les obstacles et rival du soleil, il mesurera l'immense étendue de la terre.
«Un enfant de la Ligurie osera le premier tenter cette route inconnue. Ni les frémissantes menaces du vent, ni la mer inhospitalière, ni les incertitudes du climat, aucun péril, aucune épouvante des plus terribles et des plus forntjidables, ne pourront entraver son généreux courage.
« Tu déploieras, ô Coïomb, tes voiles fortunées vers un nouveau pôle si lointain, qu'à peine la renommée, qui a mille yeux et mille ailes, pourra suivre ton vol. Qu'elle chante Alcide et Bacchus, il suffira pour ta gloire qu'elle te jette un seul regaid. La moindre de tes actions sera digne d'inspirer le poète et l'historien. »
Elle dit ; — et continue sa route au couchant. Ils voient dev?-nteuxie soleil olonser dans les ondes, et le jour renaître
derrière eux. Au moment où la belle aurore sème alentour ses rayons et ses rosées, dans le lointain leur apparaît ur. mont qui cache sa tête dans les nues.
XXXIV, Ils s'approchent : les nuages se dissipent, et ils s'aperçoivent que cette montagne, d'une forme pyramidale, est pointue au sommet, large à la base. Elle semble parfois fumante comme celle que porte Encelade sur son dos, qui vomit la fuinee pendant le jour, et, la nuit, illumine le ciel de se" feux.
Mais voici qu'ils découvrent d'autres groupes d'îles et d'autres montagnes moins hautes et moins escarpées ; ce sont les îles Fortunées, du nom que l'antiquité leur donna. On leur croyait descieux si propices, que la terre, pènsait-on, y produisait d'elle-même et sans labour, que la vigne y donnait sans culture les fruits les plus délicieux.
Là, jamais l'olivier n'a de fleurs trompeuses, et le miel, disait-on, coule du creux des yeuses. Des ruisseaux limpides y jaillissent avec un doux murmure. Les brises et les rosées y tempèrent l'ardeur du soleil, dont les rayons n'y sont jamais cuisants. Là sont les Champs-ElyséeR et le séjour fameux des âmes heureuses.
xxxvn.
Alors la femme qui les guide, s'adressant aux deux guerriers : « Vous n'êtes pas désormais, leur dit-elle, loin du terme de votrecourse. Vous voyez mii intenant les îles de la Fortune, dont le grand mais fabuleux renom est allé jusqu'à vous. Elles sont belles, riantes et fertiles ; maison a joint bien des mensonges à la vérité. » Tandis qu'elle parle, ils approchent de la première de ces îles, qui sont au nombre de dix. xxxvui.
Charles lui dit alors : « Si la grande entreprise où tu nous conduis le permet, ô femme, laisse-moi prendre pied sur cette terre et visiter ces rivages inconnus, étudier ces natio':i, observer leur culte, toutes choses que m'enviera le sage, quand un jour, racontant ces merveilles, je seiai fier de dire : Je lei ai vues. »
« Lette demande, lui répond-elle, est digne de toi ; mais que puis-je contre le décret inviolable que le ciel oppose à ton désir ? Le temps que Dieu tixa pour cette grande découverte n'est pas encore révolu, et il vous est interdit de révéler au monde les mystères du vaste Océan.
« C'est par faveur qu'il vous est donné de parcourir ces ondes que l'art et l'expérience des navigateurs n'ori pas encore pu soumettre, de descendre aux lieux où Renaud est captif, et de le ramener en l'autre partie du globe. Que cela vous suffise. Il y aurait orgueil et révolte contre le destin à porter plus haut ses vœux. » Elle se tait ; et déjà la première île paraît s'abaisser, et la seconde surgit à leur vue.
Elle leur fait observer qu'elles sont toutes rangées sur une longue file vers l'orient, et que les bras de mer qui les séparent sont presque d'égale largeur. Dans sept, ils remarquent des maisons et des cultures, et d'autres traces d'habitants ; trois sont désertes et offrent, sur les monts et dans les bois, uni retraite sûre aux bêtes sauvages.
xui.
11 est dans une de ces îles un lieu solitaire où le rivage s'incline et se prolonge en un croissant. Le vaste bassin qu'il renferme est un port abrité par le front des rochers qui surplombent, et défendu, à l'extérieur, par leur dos, sur lequel viennent se briser les vagues. Des deux côtés s'élèvent deux rocs qui, pareils à deux tours, servent de signaux aux navigateurs.
XLUI.
Les eaux se taisent paisibles sous cet abri couronné d'épais et noirs ombrages, au sein desquels s'ouvi'e une grotte tapissée de lierre, rafraîchie par l'ombre et les eaux. Jamais le càbîe, jamais l'ancre n'y retint les vaisseaux fatigués. C'est dans cet asile calme et solitaire que pénètre la conductrice, ses voiles repliées.
« Regardez, leur dit-elle, le haut édifice assis au sommet de celte montagne. Là, au milieu des festins, des ris et de la
volupté, languit le champion de la foi chiétienne. Guidés par le soleil naissant, vous gravirez cette hauteur. Que ce retard ne vous pèse pas ; toute autre heure que celle du matin vous serait funeste.
« Aux rayons du jour qui mit encore^ vous pouvez bien aller jusqu'au pied de la montagne. » — Prenant alors congé de leur noble guide, les deux voyageurs s'élancent sur la rivé désirée. Leurs pieds y marchent sans fatigue, tant la route est facile; et, quand ils arrivent au terme indiqué, le char du soleil est encore loin de l'Océan.
Ils s'aperçoivent que des ruines et des précipices défendent les cimes de la montagne ; que tous les chemins en sont couverts de neige et de frimas, où s'entremêlent cependant de la verdure et des fleurs. Des arbres y conserveiit leur verte frondaison, et le froid y respecte les lis et les roses, tant l'art de la magie a de puissance sur la nature.
XLVU.
Les deux guerriers s'arrêtent au pied de la montagne, dans un lieu solitaire, sauvage et plein d'ombre. Et quand les rayons d'un soleil nouveau jaillissent du ciel, cette source éternelle d'une lumière dorée : « Allons, allons ! » s'écrient-ils ensemble ; et ils reprennent leur route avec ardeur et promptitude. Mais, sorti je ne sais d'où, un horrible serpent se jette entravers de leur chemin.
Il dresse une tête couverte d'écaillés d'un or sombre. La colère gonfle sa gorge ; ses yeux étincellent, son ventre encombre tout le passage, sa gueule vomit poison et fumée. Tantôt il se ramasse en lui-même, tantôt il se déroule en tortueux anneaux. Tel il se présente au poste qui lui est commis ; il n'arrête cependant pas les deux guerriers.
Charles étreint déjà son épée et va l'assaillir, quand son compagnon lui crie : « Que fais-tu? qu'oses-tu tenter ? Espèrestu pai les efforts de ton bras et avec de telles armes triompher de ce serpent ? » Alors il agite l'immortelle verge d'or. Dès
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que ce bruit résonne, îe serpent effrayé prend la fuite, laisse le passage libre et se cashe.
Un peu plus loin s'oppose à leur marche un lion rugissant, aux regards farouches. Ses poils se hérissent, sa gueule béante montre ses horribles profondeurs, et des coups de sa queue il aiguillonne sa colère. Mais il n'a pas plutôt vu la verge, qu'un secret effroi glace au cœur sa férocité native, et quR prend la fuite.
Les deux guerriers poursuivent rapidement leur route, quoique assaillis par une armée formidable de monstres, tous différents par leurs cris, leurs formes et leurs mouvements. On dirait que les animaux les plus monstrueux et les plus féroces qui errent entre le Nil et l'Atlas se trouvent réunis en ces lieux aux bêtes féroces que l'Afrique et IHyrcanie ont dans leur sein.
LU
Mais cette armée, toute nombreuse et féroce qu'elle soit, ne peut les repousser ni leur résister. Le bruit et la vue de la baguette les met en fuite par un nouveau prodige. Le couple victorieux atteint le dos de la montagne, sans autre obstacle désormais que l'àpreté des chemins et des glaces qui retardent leurs pas.
LUI
Mais, ces neiges et ces escarpements franchis, ils trouvent un beau ciel, un air tiède, et au sommet de la montagne une plaine immense et découverte. Des haleines fraîches et embaumées y régnent constamment, et les brises n'y sont pas, comme ailleurs, éveillées ou assoupies par le cours du soleil.
Là, paint d'alternatives de glaces ou de chaleurs. Le ciel n'y est pas. tour à tour nuageux et serein ; mais, toujours huilant d'un doux éclat, il ne connaît ni les embrasement? de l'été, ni les fiimas de l'hiver. La préiirie conserve son herbe, l'herb*^. sa fleur, la fleur son parfum, et les arbres x'épai'.dent une ombre éternelle. Assis sur le lac, le palais d'Ai-mide commande les monts et les mers.