LA JÉRL SALEM DÉLIVRÉE
armes et d'autres artifices? Ah ! je poursuivrai l'impie : i\> bîme, pas plus que le ciel, ne sera pour lui un asile assuré. Déjà je Tatteins, je le saisis, je lui arrache le cœur, je suspend" ses membres épars, pour servir d'exemple aux amants impitoyables. Il est maître en cruauté, je veux le surpasser dans son art... Mais où suis-je, et que parlé-je !
« Malheureuse Armide ! quand lu le tenais prisonnier, c'est alors que tu devais sévir contre le cruel ; son supplice était bien mérité. Maintenant, une colère tardive te transporte et t'embrase !... Toutefois, si ma. beauté, si mon génie sont im puissants, mes désirs, au moins, ne seront pas sans eflets. 0 ma beauté dédaignée, c'est toi qui reçus l'injure, c'est de toi que j'attends une glorieuse vengeance.
« Ma beauté sera la récompense du guerrier qui tranchera cette tête odieuse. 0 mes illustres amants ! voici que je réclame de vous un difficile mais glorieux service. Moi l'héritière d'immenses richesses, je serai le prix d'une vengeance. Si je ne suis pas digne qu'on me serve à de telles conditions, beauté, tu es un vain présent de la nature.
a Don funeste, je t'abhorre ; je hais tout ensemble mon rang de reine et ma vie ; je maudis ma naissance. L'espoir seul d'une douce vengeance m'a fait vivre encore. » Ainsi s'épanche en paroles entrecoupées sa fureur frémissante. Elle quitte enfin cette rive déserte; on voit bien tout ce qui fermente de colère, à ses cheveux épars, à ses yeux égarés, à son visage tout en feu.
Lxvn.
Rentrée dans sa demeure, elle évoque d'une voix horrible les trois cents déités de l'enfer. Le ciel s'emplit de nuages noirs, et soudain pâlit la grande planète éternelle. Le vent déchaîné secoue la cime des monts. L'enfer mugit sous ses pieds, et dans son vaste palais on entend des monstres furieux qui hurlent, frémissent et aboient.
Lxvnî.
Des téuèbies plus suailjre> que la nuit l'environnent ; eo
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cette obscuiité profonde, aucun autre rayon ne pénètre que l'éclair qui, par intervalles, y brille. L'ombre se dissipe enfin, et le soleil ramène ses pâles rayons, mais l'air n'est pas encore dans toute sa sérénité. Le palais a disparu, on n'en voit plus même des vestiges, et on ne pourrait dire : 11 était là.