‹ La Jérusalem délivrée, suivie de L'AminteChapitre 80 sur 114 · AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR

A la suite de la Jérusalem, nous publions le drame bucolique de VAininte *, qui eut longtemps une destinée aussi glorieuse que l'œuvre capitale du Tasse. L'engouement dont il fut l'objet résista même plusieurs siècles aux diverses phases du goût littéraire, et, de la cour de Ferrare, se répandit en toute l'Europe. « Parmi tous les ouvrages du Tasse, écrivait en IC55 le docte Ménage dans une préface italienne, l'Aminte réunit l'admiration universelle. Manso dit que l'envie n'a pu trouver un seul défaut dans tout ce poëme ; l'Ardiccio l'appelle le véritable gem-e du pastoral ; Manuzio le regarde comme une production d'un génie sublime; Manassi lui donne le nom de parfait et de divin. Plusieurs le considèrent comme le seul ouvrage vraiment pastoral. J'ai souvent entendu dire à la fameuse marquise de Rambouillet que plus on étudie ce poëme, plus on lui trouve de beautés. Notre Malherbe, aussi grand poète que fameux connaisseur, ne cessait de l'admirer. » — Certes, si nous avions aujourd'hui à formuler une appréciation de l'Aminte, notre admiration serait beaucoup plus restreinte et plus calme; mais rien de plus curieux en Rltérature que de s'enquérir des jugements passés ; cela inspire bien des défiances.

Les savants ont beaucoup discouru et sont, comme toujours il arrive, restés d'avis différents sur l'origine du drame pastoral. Ménage, que ja viens de citer, prétend, ainsi que Gravina, que ce genre était inconnu aux anciens. Fontanini pense au contraire que c'est uniquement une extension de l'églogue, et l'évêque d'Avranches, Huet, veuf.rouver dans le Cantique des cantiques le premier modèle du genre. Quoi qu'on peDse de ces discussions oiseuses, on peut, fn remontant au xv» siècle, regarder comme premier essai du drame i^astoral une fabla

1 Ginguenéyoudrait qu'on traduisît Aminla fax Aminlas; mais AminfewjUM temUe consacré par l'usage.

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