AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR
'favola] intitulée Céphale ou l'Aurore. Correggio, auteur de cette •omposition, la dédia au duc Hercule I", qui laJit représenler à Ferrare en 1487. De* stances pastorales du comte Castiglione suivirent; mnis ces stances furent récitées, et non jouées, devant la duchesse d'Lrbin. La première pastorale dramatique qui présenta une action propre à occuper la scène a été faite, selon Fontanini, par le Tansillo, pour des fêtes de mariage que don Garcie de Tolède donna, en 1529, à Messine, avec raagniûcence. Giraldi composa en 154.'), à Ferrare, son Eglé, et en 1554, Agostino Beccari son Sacrifice, dont Alphonse urnommé délia Viola fit la musique des chœurs. Neuf ans s'écoulèrent entre la représentation de lette dernière pièce et celle de VAréthuse. Enfin le Tasse, n'ayant alors que 32 ans, vit jouer à Ferrare, en 16G7, r/n/'oraine d'Agostino Argentiavec de tels applaudissements, que, piqué d'émulation, il composa VAminle. Le duc Alphonse fut si charmé de cet ouvrage, qu'il ordonna de le jouer, ce qui eut lieu en 1573. La pièce obtint un succès prodigieux ; mais le Tasse, y ayant décoché plusieurs traits satiriques, ne se déterminait point a l'Imprimer, quand, sur des copies répandues. Aide le jeune la pulilia en 1581 à Venise. Dès lors les éditions se multiplièrent, et les imitateurs devinrent si nombreux, que Boccalini, dans ses comparaisons sur les poètes, imagine que diflérents auteurs, avant brisé ie portefeuille du Tasse, y dérobèrent l'.4)nin/e, et se retirèrent, pour s'en partager les lambeaux, dans le temple de l'Imitation, d'où, sachant leur rapine, Apollon les fit chasser par ses gardes.
Chose singulière ! ce petit drame, qui vise à retracer les charmes et l'innocence de l'âge d'or, apparaissait après les comédies de TArétin, du Cecchi, du Lasca, du Dolce, au milieu des horreurs tragiques de Giraldi et des gaietés licencieuses du Bibbiena. On dirait la représentation d'une idylle de Gessncr donnée entre un vaudeville égrillard du Palais-Royal et un mélodrame sanglant de l'Ambigu.
Parmi beaucoup de détails reproduits des Bucoliques latines, les mœurs pastorales sont là conventionnellement observées. Ce sont les mœurs des berg^ers héroïques, ces fils de dieux chamiielres, qui parlent non comme des bergers de Théocrite, mais comme ceux dHéliodore et de Longus. Vêtus de soie et l'esprit façonné a une sorte de dialectique amoureuse un peu fade, les personnages de ÏAminte sont, à proprement dire, comme une première épreuve des bergerades du demie'" siècle; mais aussi qu'elles sont rares les œuvre-^ littéraires d'une vérité si humaine et si universelle, qu'on les puisse lire en tou* temps, abstraction faite de l'époque où elles parurent!
AMJNTE