‹ La Jérusalem délivrée, suivie de L'AminteChapitre 90 sur 114 · ACTE I. SOS · texte numérisé non relu

ACTE I. SOS

rein : non encore parce que le vaisseau voyageur ne portait pas la guerre ou le commerce sur d'autres rivages ;

Mais seulement parce que cette idole del'erreurctdu mensonge, qu'un vulgaire insensé appela plus lard Honneur, et qui devint le tyran de notre nature, ne mêlait point ses soucis parmi les joyeuses douceurs des amants. Ses dures lois étaient inconnues à ces âmes libres; ils ne connaissaient que cette loi d'or et heureuse qu'enseigne la nature : Ce qui plaît est permis.

Alors, parmi les fleurs et les eaux, formant d'aimables danses, les Amours sans arcs et sans torches, les bergers assis près des nymphes, mêlaient à leurs paroles de voluptueux soupirs, et à leurs soupirs des baisers étroitement enlacés. Les vierges nues découvraient leurs roses vermeilles, voilées maintenant ainsi que les globes de leur sein brillant et ferme. Souvent, dans une fontaine ou dans un lac, on voyait l'amant jouer avec l'amante.

Le premier, tu dérobas. Honneur, la source des plaisirs, refusant d'étancher la soif amoureuse. Tu enseignas à de beaux yeux à demeurer recueillis, et à tenir leurs beautés secrètes. Tu rassemblas en un réseau les chevelures éparses au veut; tu réprimas les attitudes voluptueuses; tu mis un frein aux paroles, et un art à ta démarche. Toi seul, Honneur, as fait que ce qui était un don de l'amour est devenu un larcin.

Nos peines et nos pleurs sont tes hauts faits. Mais toi, le maître de l'amour et de la nature, toi le dominateur des rois, que fais-tu parmi nos danses, qui ne peuvent contenir ta grandeur? Va troubler le sommeil des illustres et des puissants. Nous, gens obscurs et dédaignés, laisse-nous vivre selon nos antiques usages.

Aimons, car la vie humaine ne fait pas trêve avec les années, et elle s'écoule. Aimons, car le soleil se meurt ec renaît; mais, si sa courte lumière se voile à nos yeux, nous nous endormons dans une nuit éternelle.

T\y DU IT.tVim ACTE.

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