‹ La Jérusalem délivrée, suivie de L'AminteChapitre 93 sur 114 · TIRCIS, DAPHNÉ · texte numérisé non relu

TIRCIS, DAPHNÉ

DAPH.NÉ.

Comme je te l'ai dit, Tircis, je m'étais aperçue qu'Aminte aimait Sylvie. Dieu sait combien de bons offices je lui ai rendus, cl désormais je lui en rendrai d'autant mieux, que tu m'en pries ; mais je parviendrais plutôt à dompter un ours, un taureau, un tigre qu'à vaincre celte simple jeune fille, aussi aveugle que belle, et qui ne s'aperçoit pas encore combien sont brûlantes et acérées les armes de sa beauté. En riant et en pleurant, elle tue, et ne sait pas les coups qu'elle porte.

TIRClS.

Mais quelle est la jeune fille si simple, qu'au sortir du berceau elle n'apprenne l'art de paraître belle et de plaire, de tuer en charmant, et qui ne sache quelles armes cruelles donnent la mort, et quelles autres guérissent et rappellent à la vie?

DAPHXÉ,

Quel est le maître de cet art?

TIRCIS

Tu feins et tu me tentes. C'est celui qui enseigne à l'oiseau le chant et le vol, qui apprend au poisson à nager, aux béliers à se heurter du front, aux taureaux à se frapper de leurs cornes, et au paon à déployer la pompe de ses plumes semées d'yeux.

DAPHNÉ

Comment s'appelle ce grand maître ?

TlRClS.

11 a nom Daphné.

DAPHNÉ

Langue niauvaise.

TIHCJ».

lit pourquoi? N'es-tu pas capable de tenir mille jeimes fiiiai à l'école? Bien, à vrai dire, qu'elles n'aient pas besoin de

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