‹ La Jérusalem délivréeChapitre 10 sur 19 · I - premiers cris ont révi illé Godefroi. v ins · texte numérisé non relu

I - premiers cris ont révi illé Godefroi. v ins

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flexions, il s'arme, rassemble un gros de guerriers et se met à leur tète. Los clameurs, le tumulte qui s'accroît de plus eu plus, lui font penser que c'est une attaque soudaine des Arabes. Il n'ignore pas que ces hordes de pillards parcourent le pays d'alentour; mais comment prévoir qu'elles pousseraient l'audace jusqu'à faire une tentative contre le camp? Tandis qu'il vole vers le lieu menacé, il entend tout à coup, d'un autre côté, le cri : « Aux armes! aux: armes! » Et d'horribles et sauvages hurlements remplissent les airs. C'est Clorinde et Argant, qui, avec les troupes sorties de Jérusalem, chargent les Chrétiens. Godefroi se tourne vers Guelfe, et lui dit : « Tu entends ces cris de guerre qui partent des hauteurs de Solime ! il faut que ta prudence et ta valeur contiennent les premiers efforts de ces nouveaux ennemis. Va , veille à tout , prends avec toi une partie de mes chevaliers ; les autres m'aideront à repousser le choc impétueux des Arabes.

Ses dispositions ainsi prises, une fortune égale les conduit tous les deux par des sentiers différents. Guelfe vole vers les collines, et Bouillon vers les Arabes qui n'ont rencontré jusqu'alors aucune résistance. Pendant sa marche, sa troupe se grossit; de nouveaux guerriers accourent à chaque instant. Bientôt, accompagné de forces nombreuses et imposantes, il arrive aux lieux où le redoutable Soliman immole les Chrétiens. Tel l'Eridan, humble à sa source, descend des monts et mouille à peine un lit étroit et resserré : mais, plus il s'éloigne, et plus il s'enorgueillit de la grandeur et de la rapidité de ses eaux ; puis, franchissant ses digues, il lève un front menaçant, répand dans les campagnes ses Ilots victorieux, lutte contre la mer Adriatique, et semble plutôt lui porter la guerre «pie le tribut de ses ondes.

A la vue de ses soldats qui fuient épouvantés, Bouillon s'élance et les menace. « Qu'est-ce, s'écrie-t-il, que veut, dire cet effroi? Où fuyez vous? Regardez donc au inoins ceux à qui vous cédez!... Les hordes viles qui vous poursuivent ne savent ni donner, ni recevoir de pied ferme une blessure! Faites volte-face, et vos regards suffiront pour les remplir de terreur. »

A ces mots, poussant son coursier, il se précipite au milieu de lMncendie allumé par Soliman. Il marche" à travers le sang et la poussière. Bravant le fer, le péril et la mort, son épée, ses coups formidables enfoncent et culbutent les rangs les plus serrés, les plus épais

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Il renverse les uns sur lea autres chevaux el cavaliers, armes et sol

dats, et s'avance sur des m «aux d guerriers é£ gés i confondus.

L'intrépide Soudan ne recule pas <i ne cherche poinl à éviter le ter rible adversaire qui vient vers lui. Il marche à sa rencontre, lève son épée el fond sur Godefroi pour le frapper, Oh! quels illustres rivaux le Destin appela des extrémités <!n monde pour c tte grande lutte! I >. dans cel étroil i space, la fureur disputera au courage la puissance souveraine de l'Asie I Qui pourrail dire l'énergie des combattants, la rapidité el la force <l«' leurs coups? Il faudra taire mille exploits <|nr la unit cacha sous ses ombres, el qui méritaient d'avoir pour témoins iniiv les peuples de l'univers el la lumière du plus beau jour.

Sur les pas de leur général, les Chrétiens ranimés marchent m

avant, autour du Soudan lui-même, se groupe l'élite i breuse «!<•

ses plus bravi - guerriers. I e sang des Frapcs et des Sai rasins arrose également la terre; tous, vainqueurs «■! vaincus, donnent el reçoivent la mort. Ainsi, les vents du nord et du midi, se disputant l'empire du ciel et il<' la mer, opposent les nuées aux nué< s, les vagues aux Ilots, < I luttent avec une pareille force el une même furie. Ainsi, dans cette iffreuse mêlée, tous montrent un égal acharnement; nul ne cède, personne ne recule; les boucliers heurtent les boucliers; les casques résonnent contre l< - casques les épées rencontrent les épées avec nu horrible fracas.

Cependant, Bur un autre poinl <ln champ de bataille, le combat n\ si pas 1 1 1 « » 1 1 1 - tcriililr. et les guerriers sont aussi nombreux. Des nuag chargés d'Esprits infernaux ont envahi I immensité d< - ait - 1 1 soutiennent les Infidèles. Nul Sarrasin ne songea fuir, les Dammes de l'En lei embrasent encore Vrgant, déjà tout brûlant de ses propres feux. De ce côté, il s déjà mis en fuite la garde avancée, et, d'un bond, il franchit les retranchements. Il comble le fossé de débris humains, aplanit la route et facilita le passage aux soldats qui le suivent.

aussitôt le Bang ruisselle el rougit les Lentes. Clorinde est ;m\ côtés du Circassien, car elle eût dédaigné le second rang. Elle frappe d'aussi rudes coups. I Chrétiens fuient, mais les troupes de Guelfe leur apportent un utile secours. Il arrête l'impétuosité des Infidèles 1 1 force les fuyards à retournei bu combat. On s'attaque avec tarie, el le massaci e < si égal des d< ui < ôtés.

Mors le lloi des Cieux abaisse du haut de son trône se* regards sur

coite scène île carnage. Il est assis au fond du sanctuaire auguste d'où il dicte ses lois de justice et de clémence, orne et embellit cet univers dont les mouvements n'obéissent qu'à sa voix. 11 brille d'une triple aurore qui se confond en une seule lumière radieuse et éternelle. Â ses pieds sont les humbles ministres de ses volontés : la Nature et le Destin, le Mouvement et le Temps qui le mesure, l'Espace et la Fortune qui, sourde aux vœux des mortels, dissipe et disperse comme la poussière et la fumée, les trésors, les sceptres et la gloire. Les yeux les plus purs sont éblouis de sa divine splendeur. A ses côtés sont les Esprits innombrables qui jouissent inégalement delà même béatitude; le divin séjour retentit de leur céleste harmonie.

Le Très-Haut appelle à lui Michel, qui paraît tout couvert d'une é tin celante armure de diamant : « Ne vois-tu pas, lai dit-il, la troupe infernale s'armer contre mon peuple fidèle et chéri ! Elle ose sortir du fond des abîmes de la mort pour troubler l'univers! Pars, et ordonnelui de laisser désormais aux guerriers de la terre le soin de leurs combats ! Quelle cesse de répandre la discorde et d'infecter" de ses poisons le ciel, les airs, et le séjour des vivants. Qu'elle retourne dans la nuit ténébreuse, asile de douleur digne de ses crimes; et qu'elle y exerce sur elle-même et sur les âmes coupables sa fureur vengeresse! Je le veux, je l'ordonne ! »

Le chef des archanges s'incline avec respect, déploie ses ailes, s'élance d'un vol puissant plus rapide que la pensée, et franchit In sphère de feu où les justes ont leur demeure glorieuse et immuable. Bientôt il est au milieu des espaces de cristal et de ce cercle d'étoiles innombrables que régissent des impulsions contraires. A sa gauche roulent Jupiter et Saturne, dont les mouvements et l'aspect sont différents. Là, sont les astres que l'on ne peut appeler errants, puisque l'éternelle volonté qui les a créés les dirige. De ces globes toujours éclatants et sereins, il descend dans les régions inférieures où grondent la foudre et les orages, et où les humains, livrés à de continuelles vicis situdes, meurent et renaissent sans cesse de leurs propres débris. 11 parait, et le souffle de ses ailes dissipe les ténèbres épaisses et la sombre horreur. Les voiles de la nuit se dorent des feux éblouissants qui entourent son visage. Ainsi le soleil, après l'orage, fait resplendir les nues de ses riches couleurs. Ainsi l'étoile, détachée de la voûte céleste, fend l'air pur et transparent, et tombe dans le sein de la terre.

I \ JÉHUSALËM DÉLIVBÉE.

L'archange esl arrive aux lieux où les Esprits infernaux allument el excitent l'ardeur de l'Infidèle. Il s'arrête, suspend son vol au milieu

des airs, brandit sa lance et 1 1 - mots ; 0 vous! donl

l'orgueil survit encore à l'opprobre, timents les plus I rribli

aux tourments les plus affreux, voua devriez conn itri 1 - roudres dou tables du Maître de l'univers!... Il esl écrit dans le < iel que devant insignes vénérés s'ouvriront li - portes el tomberont les remparts ,|(- Sion '. El voua roulez lutter contre I I'' stin ! Qut vous si ri d'appelei .m vous les colères du Très-Haut! Retournez, maudits, dans vossom ores royaumes, refug< des peines el <!•' l'éternelle ii!"i i ! I' ns chots où voua êtes plongés doivi ni se renfermer vos luttes i i vos \i« loires! C'est là que peuvent s'épuiser vos foreurs! Là, au milieu des issements sans fin, des grincement nts, du cliquetis des

chaînes et du fer, exercez votre puissance Bur les criminels qui vous smit livrés ! »

i ces iin'l-. <!<■ sa lance fatale il frappe el pr< ssi les plus pan s» u\. I.i - démons quitti ni i n gémiss ni le séjour de la lumière et des ét< ili Ils se précipitent vers l'abîme il assouvissent leur rage sur l< - âmes coupables. Moins nombreuses sont les troupes de < -in-

fini traversent les mers pour chercher des climats phi8 doux; moins nombreuses sont lea feuilles que chassent l'automne et les premiers frimi

I e Cii I. délivré de |êur prés< do . dépouille son sinistre asped et reprend sa sérénité. M il le superbe Argant, privé de leui seconds, ne montre pas n oins d'audace 1 1 d'acharni ment la Discorde ne lui souffle plus si - l' ux, le fouet inf de batl el pour-

tant il promi n< son l live au milii u d - s< idrons l< - plus i les

plue épais. Il moisson tct< s li - plua

altières comme les plus viles. Non loin de là est Clorinde, el les mi i . aux di is dont i Ile sèmi l< -><\ tti stenl qu'elle a

Lui un i . Elle plongi -"n é| • in di Bérangei i i

lin travers Ii cœui li fei pém tant de violence qu'il ressort

tout sanglant pai le dos. Elli frappe Albin à la gorgi el rend la têt a Gallus, Gi i m. i vient de I i bl lui aba

doigts di «.ili main, encore pleins d< ri< el frémissants, serrenl toujours li glaivi qu'ils retiennent • relie on voit la queu du serpent fain • le \.m i ffoi i | in m réunir au « orps * ' • ' i • t i II* a .La

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