‹ La Jérusalem délivréeChapitre 16 sur 19 · I.\ H.l;i SALEM DÉLIVRÉ · texte numérisé non relu

I.\ H.l;i SALEM DÉLIVRÉ

armés. Je me sois jeté au milieu de ces flammes, <|in se son! évanouies; et, au même instant, des ténèbres glacées onl remplacé leux ; puis, j*.ii vu renaître un jour serein! Le dirai-je? Des âmes Iniroaines habitent ces arbres el leur donnent la vi . le sentimenl cl l.i parole. Quelle preuve n'en ai-je pas eue '. Le ira tristes \<>i\

retentissent encore dans i i cœur affligé, i baque coup (ail ruit

1er l< sang, comme si ces troncs étaient d'os et de chair. Non! non! j'avoue m. i défaite, je ne pourrai jamais en détacher une écorce, en ,ii racher un seul rameau ! »

Tandis qu'il parle, Bouillon, indécis, partagé entre mih\ pensées, se demande s'il doit aller lui-même lutter contre des enchantements dont la réalité lui es1 prouvée, ou bien >'\\ faut aller chercher des matériaux dans une autre Ibrél plus éloignée el d'un plu- difficile abord. Mais Pierre me! fin à son hésitation en lui disant : « Renom projets audacieux. Un autre bras <|n le tien doil abattra cea arbrea que défendra vain< ment un pouvoir inconnu. Déjà le vaisseau que nous attendons aborde sur des plages désertes el pli< ses voiles. Déjà le guerrier dont le retour noua es! promis .1 rompu ses indignes fers el s'éloigne «lu rivage. Bientôt sonnera l'heun marquée pour la prise <lr Non ri la ruine de nu- ennemis, d

Le visage du solitaire brille d'un feu divin; sa vois retentissante 11 pst plue celle d'un mortel. Le pieux Bouillon se livre à d'autres Ira- \.ni\. el ne reste pas dans l'inaction.

Cependant le soleil entre dans le signe du Cancei et verse sur l.i terre des feui brûlants. Celte chaleur est fatale aux plans de Godefroi et funeste ;• ses guerriers, <|ni ne peuvent plus supporter la moindre fatigue. Le ciel perd sa lumien bi< ni usante, el l'on n"\ voil régnei que des astres sinistres dont l'influence remplit les airs de miasmes meurtriers. Sans cesse la chali ur augm< nie il. - feux dévorants d< ssèchenl tantôt un lien, tantôt un autre; à uni journée pénible succède une mut brûlante que suit un jour 1 ncorc plus aflreux. I. soh il ne w l< v< jamais que couvert el entouré de vapeurs sanglantes, triste prés 'I un jour malheureux : il ne se couche que p'arsi mé de laclu - roug très qui menacent de nouveaux maux à son retour. La certitude de souffrant - pro< haim - ajoute l'inquiétude aux tourments <|m- l'on endure, fandis qu'il darde à plomb ses rayons, partout ou peuvent s'éten< dri ses regards, les fleuri se ini.ni, les feuilles jaunissent, l'herbe

altérée languit, et, dans la terre entrouverte, les sources se tarissent. La nature entière éprouve les effets de la céleste colère; de stériles nues traversent les airs comme des vapeurs enflammées* Le ciel offre l'image "d'une noire fournaise; nul objet qui console les regards; le zéphyr silencieux se tait au fond de sa retraite; l'air immobile n1cst agité que par l'haleine corrosive des vents qui s'élèvent aux rivages africains. Ces vents lourds, insupportables, frappent sans cesse de leur souille épais les poitrines et les visages accablés. Les ombres de la nuit semblent embrasées des feux du jour et n'apportent aucun soulagement. Des trombes de feux, des comètes, des météores étincelants traversent les ténèbres. 0 terre infortunée, l'astre des nuits refuse à ta soif la bienfaisante rosée, et les Heurs mourantes demandent en vain les sucs nourriciers qui les rappelleraient à la vie !

L'inquiétude a ebassé le sommeil; les humains languissants ne peuvent obtenir le repos ; mais la soif est le plus affreux de leurs

maux. Le barbare Aladin a infecté les sources de la Judée à l'aide île poisons pins mortels que ceux du Styx et de l'Achéroii. Le Siloé, qui, toujours pur et limpide, leur avait offert ses trésors, mouille à peine le fond de son lit desséché. Faible et insuffisante ressource pour les

Chrétiens?, dont les désirs el les besoins ne Beraient poinl calmés pai l'immense <•! profond Éridan, ni par le NU, même alors que, franchissant ses ii\»'-. il couvre l'Egypte de ses eain récondes! Il- se rapp I lenl les lacs argentés qu'ils <<iit vus dormir au milieu des bocages el de l'ornbre, et ces sources qui se précipitent des Bancs d'un ro cher H coulenl ensuite lentement sur les verts gazons. Ces in se présentenl à leur ardeur impatiente et ne fonl qu'augmenter leur spoir.

On voit ces robustes guerriers, <pii. résistant aux plus rudes combats, ne plièrent jamais sous !<■ poids des armures, «pu- n'ont pu dompter ni l'ennemi, ni l'aspect du Lrépas, affaissés maintenant, anéantis, hors d'étal de se soutenir, se coucher suria terre. I a feu caché circule dans leurs veines, les mine el les consume. Le coursier, naguère si superbe, languit et dédaigne une herbe sans saveui Léte altière tombe négligemment penchée ses jambes chancellent. Pour lui, le noble amour "!«■ la gloire n'a plus d'aiguillon : il m Bolivien! plus il»'> palmes qu'il cueillit; il méprise, comme un \il fardeau, les riches ornements el les dépouilles de la victoire. Le chien, accablé par ses maux, ne se soucie, ni «lu foyer, ni <ln maître qu'il oublie : haletant, brûlé par la chaleur, il s'étend Bur le sol. En vain la nature lui donna d'autres moyens de respin r l'air lourd et pesant est pour lui sans fraîcheur.

Ainsi tout est in proie à la souffrance; ainsi les malheureui mortels traînent des jours misérables. Déjà le peuple fidèle désespère de vaincre et redoute de plus grandes calamités. !>>■ toutes parts on entend des \"i\ plaintives murmurer : ■ Qu'espère donc Godefroi? Qu'attendil encore? Veut il que i<>nt le camp succombe? l'ai- quels moyens pcnse-l-il renverse! les murs ennemis? où pi mdra*t-il des machines? Seul il ne voit <l"ii< | .1- loua ces Bignes par lesquels éclate la colère du Ciel? Mille prodiges nouveaux, mille fantômes nous attestent que décrets nous sont contraires, >\ ce soleil qui non-, dévore nous laisserait envier la douceur des contrées de l'Inde et de l'Ethiopie, Pense-t-il qu'il nous soit indifférent d'allei comme une multitude \il« et méprisée chercher une mort cruelle el inutile dans !<• seul but <l<

lui conaervei le souverain | voir? I aut-il donc que !<• bonheur de n

-ii' i procure '!<• h grands avantagi a < 1 de telles jouissai ces, «pi'' l'«millon Bacrifîe à son ambition !<■ salut <!«■ toute une armée?... Et voilà a

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