I.\ Jl.lil SALI M DÉL1VRÉI
qu'un éclair qui s'élance du sein di la nue, le brav< rancrède, par lrordr< ^ Je Godefroi, rôle à I ur -• cours.
\ son air audacieux el terrible, .1 sa noble contenance, Uadin juge • j 1 1 ' i I est un .1. s plus distingués parmi li - héros chrétiens : < l'i in. s'se, dit-il
' IN rminie, qui déjà sent palpiter son cœur, une longue -u. n. a dû vous apprendre à connaître ces gin 1 1 . rs, jusque -"u- l'armure qui les i ouvre.
Qui I . -i . lin dont la mise est -i ii' rc el la déuii rch si h. m laim Elle veut répondre :
1 oupir vient sur ses lèvn s
t les larin il nu a - yeux
' '"'' " '" "' cependi i * s soupirs el ses larmes mais - - prunellei
humide* '• brillantes, el ses lèvres qui Irémissenl trompent ses efforta •• h ahiss< nt -..h . .1 m .
1 n8uil ' " : ■"' *ous le voile de la haine un sentiment plut doux
« Hélas ! je le connais trop bien : trop de raisons, seigneur, ont "rave ses traits dans mon âme, et m'ont appris à le distinguer. Souvent je l'ai vu "inonder les plaines du sang de mes sujets, et de leurs cadavres combler nos fossés. Ciel! quels coups frappe le cruel! il n'est point d'herbes, il n'es! point de secrets qui guérissent les blessures qu'il a faites.
« C'est Tancrède : ah! s'il était un jour mou prisonnier! non, je ne voudrais point qu'il périt dans les combats : je le voudrais vivant : je voudrais qu'une douce vengeance calmât le transport qui m'agite. » Elle dit : avec ses dernières paroles s'échappe un soupir, qu'en vain elle veut étouffer. Aladin croit à la haine, quand Herminie n'exprime que l'amour.
Cependant Clorinde court à Tancrède qui fond sur elle : tous les deux s'atteignent à la visière : leurs lances volent en éclats, mais les liens qui attachent le casque de Clorinde sont brisés du coup : elle demeure la tète nue et désarmée, ses cheveux d'or flottent au gré des vents, et un guerrier redoutable devient une céleste beauté.
Ses yeux étincellent, ses regards sont des éclairs : mais doux, même dans la colère, que serait-ce, animés par les ris'.' Tancrède, où s'égarent tes pensées? où s'arrête ta vue? Ne reconnais-tu point ce visage adoré? Les voilà ces traits qui ont enflammé ton âme! ton cœur, où son image est gravée, te dira : Voilà cette beauté qui vint chercher l'ombre et le frais à cette fontaine solitaire.
Il ne l'a reconnue, ni à son casque, ni à son bouclier chargé de trophées. Enfin il la voit : il devient immobile à sa vue. Clorinde se couvre la tète, et poursuit Tancrède qui cède et se détourne. Il charge d'autres guerriers : il promène dans la foule sa foudroyante épée : mais toujours attachée à ses pas, Clorinde le poursuit. D'une voix nie naçante elle crie : « Tiens, arrête, » et lui présente deux morts à la fois.
Le guerrier, frappé, ne frappe point à son tour. Moins occupé de sa défense, que de ces veux d'où l'Amour lance d'inévitables traits : Les coups que porte ton bras, disait-il en lui-même, se perdent dans les airs ! mais ceux qui partent de ce beau visage ne tombent jamais en vain, et vont percer le cœur.
Enfin, quoique sans espoir et résolu de mourir, il ne veut pas du moins emporter au tombeau le secret de son amour. Clorinde saura qu'elle va frapper un captif enchaîné, suppliant, tremblant à ses
I.\ .il Kl SALEM M.l.lUiU genoux, i ii |mi. dit-il, «|ui. au milieu de lanl d'ennemis, semblés n'avoir d'ennemi «|n> moi, viens, sortons de la mêlée; seuls à l'écart, nous pourrons nous éprouver el nous connaître. On verra iuirn\ h m. i \.ili m cgi l«- la lienm . »
Elle accepte !<• <l<-li : et, sans songer à son casque qu'elle n'a |»lu^. elle s'avam e av< c audace : Tancrède la suit, morne et abattu. Déjà ell< ci, ut sous les armes, déjà elle l'attaquait : « Arrête, lui dit-il ; avant I»' combat, fixons-en les conditions. »
Elle B'arrcte . un amour désespéré rend Tancrède plus hardi « Puisque lu ne veux point •!<■ paix ;i\r<- moi, lui dit-il, les conditions seront que tu m'arraches !"■ cœur! ce cœur qui n'est plus à moi de mande la mort, si sa rie te déniait. Depuis longtemps il est à t « * ï prends-le je n'ai pas le droit <!<• !<• défendre.
a Voilà mon sein ; que ne frappes-tu I Eaut-fl du secours à ton bras? raut-il offrii .1 les coups ma poitrine nue el sans défense? ma main Dlera ma cuirasse. 0 Le malheureux amant allait exprimer plus vite
menl c reses douleurs mais tout à couples Infidèles se replient,
el la troupe <!<• Tancrède les poursuit.
Terreui ou feinte, les Infidèles rayaient devant les Chrétiens : un derniers, nn barbare, \<>ii les cheveux de Clorinde voltiger, opars .m -m des vents il lève le bras,'?) \;i la frapper par derrière rancrède pousse un rri, Tancrède accourt et oppose son épée à Vènêt
lin m h ■ • 1 • .
Le coup n'est pas sans effet ; Clorinde esl atteinte d'une légère blessure : quelques gouttes de sang teignent l'ivoire de son cou et mêlent leur pourpre à For de ses cheveux. Tel on voit sous la main d'un habile ouvrier l'or étinceler du feu des rubis. Tancrède furieux, le fer nu, se précipite sur ce vil assassin.
Le lâche s'éloigne : Tancrède plus irrité le poursuit : tous deux volent comme le trait dans les airs. Clorinde, étonnée, immobile, a longtemps le regard attaché sur eux, et ne pense point à les suivre : en lin elle se retire avec sa troupe qui fuit : mais souvent elle présente le fronl aux. Chrétiens, souvent elle les attaque : elle se tourne, se retourne, fuit et poursuit tour à tour : ce n'est ni une fuite ni une victoire.
Tel dans un vaste cirque on voit un lier taureau combattre contre des chiens : s'il leur présente ses cornes, ils se retirent : s'il fuit, tous reviennent sur lui plus hardis, et le poursuivent. Clorinde, dans sa fuite, couvre sa tète de son bouclier, et repousse encore les coups qu'on lui porte. Tel on voit le More, dans ses jeux, se garantir, même en fuyant, des balles qu'on lui lance.
Déjà, etSarrasins et Chrétiens étaient sous les remparts de Solime : tout à coup les Infidèles poussent d'horribles cris, font un grand circuit, reviennent sur l'ennemi et le pressent par derrière. Argant lui-même, avec sa troupe, s'ébranle et l'attaque en tète.
Le farouche Circassien sort des rangs, impatient de frapper le premier coup. Déjà un guerrier, renversé sous son cheval, a mordu la poussière, d'autres tombent à ses côtés: mais sa lance terrible se brise et vole en éclats. Argant prend son épée, enfonce les Chrétiens, tue, abat ou blesse tous ceux qu'il atteint.
Clorinde, son émule, a tranché les jours du brave Ardélion. Ce guer rier, dans un âge avancé, conservait une vigueur indomptée : il avait deux fils, appuis de sa vieillesse; mais appuis inutiles dans ce fatal instant. Alcandre, l'aîné, atteint d'une blessure cruelle, ne peut veiller sur une tète si chère. Poliferne, qui combattait encore à ses côtés, se sauve à peine lui-même.
Cependant Tancrède, qui n'a pu atteindre le barbare monté sur un coursier plus agile que le sien, reporte ses regards en arrière ; il voit qu'une audace imprudente a emporté les Chrétiens ; il les voit enveloppés. Soudain il accourt : une troupe de guerriers, troupe qui vole partout où le danger l'appelle, se précipite après lui.
LA -M l'.l SALI M DÉL1VRI I .
i ~,.ni les aventurière la fleui d - héros, l'élite el I nerl A l'armé . Renaud, le plus courageux el le plus b au, les devance tous. L'éclair esl moins rapide. Uerminie l'a bientôt reconnu à -, marchi qu'il porte sur an champ d'azur. « Voilà, dit-elle an roi qui .1 l< - \< ux attachés sur lui, voilà 3e t<»n- lés guerriers le gui 1 li plus intrépide.
Il n'a peut-étn pas dans l'umvi 1- un seul rival digne de lui, 1 1 ce n'esl encore qu'un enfant. Si l'armée ennemie comptait six guei
ussi terribles, déjà l'Asie vaincui génu/ait dans les fers <l<- Chrélii n . Déjà les peuples du midi et les \« upli - d< l'aurore li< mbleraienl sous leurs lois, ci peut-être le Nil, caché dans sa source, m -.mvi rail 1 têti inconnue <!<• leur joug.
li. inihl • -1 son nom. Smi bras irrité esl plus redoutable poui nos murailles que les machim - I - plus terribli s. Port / plus loin vos !- \c\ / 1 e -ii, 1 1 û 1 dont la cotti d'arnu - 1 -1 01 1 t vert. I Dudon. Illustn par sa naiss im . illustre |>ar si - exploits, ii
guide les Aventuriers : il esl leur égal en valeur, et soi b mis à li m
1 ■ utre, 'l"nl la démarche esl -1 altière, el donl les armes sont brune* nd, frère du n>i de Norvège. I 1 terre ne port*
point de mortel plus orgueilleux', 1 est le seul qui flétris»
l'éclal de ses actions. Ces deux guerriers' qui portent une anmin blanche el des ornements tout M si Gildippe el Odoard,
amants, époux, E iux par leur valeur, Eameux par leur tendresse el
li m fidélité. »
1 • pi ndanl le 1 irni gi s'anime le sang ruissi II : Tancrède el 11
11. nul nui rompu le cercle épais d'. rm< - 1 1 de u 1 rii rs qui les entoun .
l»inliiii il -. héros arrivenl encon <l multiplient les coups el I;
mort, \i.ini. Vrgant lui-même, sous les efforts di Renaud, chancelle,
-1 ibattu 1 1 1 peine.
Peut-étn li b ni péri : mais dans ce moment I* coursiei d<
II' naiicl tombe, l'cmban ss . I'< ntraîni dans -.1 chuli . Pendant qu'on
, li - Infidèli - se n forment el fuient vers Soliim . \ • i Clorindi résistent Beuls, i - ni- ils font une digu< au torrent dé bordé