‹ La Jérusalem délivréeChapitre 5 sur 19 · II- marchent les derniers; l'efforl d - Chrétiens wir eux · texte numérisé non relu

II- marchent les derniers; l'efforl d - Chrétiens wir eux

ou plutôt si ralentit. V I1 br< '\> leur* bras, les Sarrasins échappent

au danger qui les presse. Cependant Dudon, ardent, poursuit la victoire ; il pousse son coursier sur Tigrane, le renverse, et de son épée lui tranche la tête.

Âlgazar est vainement défendu par sa cuirasse. Le robuste Corban ne trouve aucune ressource dans son casque. Amurat perd, sous les coups du héros, une vie qu'il regrette. Méhémet et le cruel Almanzor ont mordu la poussière. Le lier Argant lui-même ne peut plus se,garantir de ses coups.

11 frémit : quelquefois il s'arrête et se retourne, puis il cède encore : enfin tout à coup il revient sur Dudon, et d'un revers il lui ouvre, dans le flanc, une profonde et mortelle blessure. Le guerrier tombe : un cruel, un dernier sommeil presse ses paupières appesanties.

Trois lois il ouvre li s veux, et cherche la lumière. Trois fois, sur un bras, il essaye de se soulever; trois fois il retombe. Trois t'ois un voile épais s'étend sur ses paupières, qui enfin s'abaissent et se ferment. Une sueur froide se répand sur ses membres immobiles, et la main de la mort les roidit et les glace. Le farouche Argant ne s'arrête point sur ce corps inanimé ; il continue sa marche.

Cependant il se retourne vers les Chrétiens et leur crie : « (iucr riers, cette épée sanglante est celle qu'hier me donna votre général: vous lui direz quel usage j'en ai fait aujourd'hui : une pareille nouvelle le flattera sans doute. Il doit apprendre avec plaisir que la bonté de son présent en égide la richesse.

« Dites-lui que lui-même bientôt il en fera l'expérience ; que s'il diffère encore de nous attaquer, j'irai le surprendre jusque sous sa tente. » A ce discours audacieux, tous les Chrétiens irrités s'ébranlaient pour fondre sur lui : mais déjà d'une course rapide il a rejoint sa troupe, et il trouve avec elle un asile assuré sous les murs de Solhne.

Du haut de ces murs, les assiégés fout pleuvoir des pierres : une nuée de flèches obscurcit les airs. Les Chrétiens sont forcés de reculer, les Sarrasins rentrent dans la ville. Mais Renaud, relevé de sa chute, accourt au milieu des siens.

11 vient, enflammé de courroux, venger la mort de Dudon sur son barbare meurtrier. « Qui vous arrête encore? crie-t-il à ses compagnons ; qu'attendez -vous? Puisque nous avons perdu le héros qui nous conduisait, que ne courons-nous le venger? Quoi! dans la juste

,s LA I lli ISA 1. 1 \l DÉLIVRÉE.

colère <|m nous anime, un fragile rempart sera une barrière pour

Page 1