VIII AVANT-PROPOS
qualités de rhistorien. Je ne prétends donc pas avoir dit l'exacte vérité sur ces Hispano-Américains. J*ai simplement essayé de traduire mes impressions avec toute la sincérité dont je suis capable. Et puis, pourquoi aurais-je dépouillé l'homme de France ? Il ne nous est plus permis aujourd'hui de nous affranchir de « l'inquiétude sociale » que nos aînés et nos maîtres nous ont communiquée. La lèpre morale qui s'étend sur ce coin de l'Amérique m'a vivement ému. Les progrès industriels n'affinent pas la conscience d'un peuple. Les machines de fer et tout l'attirail des faiseurs d'or ne donnent point de noblesse à sa conception de la vie. On voit toujours rôder autour des excessives richesses l'âme humaine diminuée. A l'heure oîi nous vivons, on me pardonnera peut-ôtre d'en apporter quelques exemples nouveaux qui, pour venir des antipodes, n'en sont pas moins frappants.
Je dois ajouter que, dans ce livre consacré aux exploitations de l'Argent et du Salpêtre, je n'ai point insisté sur les qualités du peuple chilien, si remarquable à tant d'égards. Ce serait une injustice que de le confondre avec ses voisins. Il leur est supérieur par son unité, son civisme, sa politique libérale et ferme, et tout un passé de grandeur morale. Son histoire est pleine de beaux dévouements et de figures intègres. J'en parlerai peutêtre un jour comme il convient ; mais je veux dès maintenant remercier ceux qui me l'ont fait con-