‹ La jeune Belgique [microform]Chapitre 112 sur 215 · SOPHOCLE · texte numérisé non relu

SOPHOCLE

Sophocle^ nom si doux aux lèvres^ demi-dieu Qui^ sur le promontoire éblouissant et bleu.

Conduis les chœurs sacrés enivrés d'harmonie! Salut céleste enfant, ô lumineux génie Qui, les cheveux en fleurs, calme, superbe et nu, Aux battements joyeux de ton cœur ingénu.

Sur les rivages d'or que la mer illumine Près des autels dressés danses à Salamine!

La voix des dieux passait dans l'air spirituel

Quand, accordant ta Ijrre au rythme universel

Qui modère la vie et gouverne les mondes.

Tu chantais, devinant les essences profondes,

La beauté, la douceur, la grâce et la vertu.

Mais le clair horizon s'assombrit : tout s'est tu;

L'ombre triste du soir traîne dans les ravines.

Sophocle est mort. Hélas f ses prières divines

Ne détourneront plus de la fière cité

La colère du ciel et le vent empesté;

Les matelots pieux, pour calmer la tempête

Qui dans l effroi des nuits s'amasse sur leur tête.

Ne réciteront plus ses hymnes frémissants ;

Sa patrie oubliera ses sublimes accents.

Il est parmi les dieux; et c'est pourquoi Ly sandre.

Sur l'ordre de Bacchus, au plus fier, au plus tendre.

Au plus harmonieux entre tous les mortels

Bâtit ce mausolée et para ces autels.

Gardien printanier du tombeau de Sophocle Rampe paisiblement, ô lierre, sur le socle,^ Ramène en cet enclos le silence et la paix.

Qu'il dorme doucement sous tes rameaux épais Celui qui tant de fois nous enseigna la voie De la beauté parfaite ; et que partout on voie Eclore la tendre rose et les myrtes voisins.

Que la vigne touffue et fertile en raisins Près du calice ardent du pavot écarlate Courbe autour de Vormeau sa grappe délicate Pour honorer ainsi le Poète pieux Dont les chants désormais réjouissent les dieux

XAIPE

Jeune hmnme, sois heureux. Que la vierge amoureuse

Te choisisse, admirant ta grâce vigoureuse,

Parmi les plus soMnts et parmi les plus beaux l

L'heure est calme. Suivant la route des tombeaux

Où le platane blanc allonge une ombre amie.

Descends vers le Lycée ou vers r Académie.

Déjà le rossignol de silence enivré

Chante près de la source au fond du bois sacré ;

Dans les rameaux dorés les brises se sont tues.

Ici, dans ces jardins pleins de nobles statues,

De parterres riants, de fleurs et de buissons, \

Les jeunes gens joyeux recueillent les leçons

Des vieillards que respecte et qu honore fAttique,

Si tu veux méditer sous le double portique,

Ou bien, lorsque la nuit rêve, errer à travers

Les bosquets embaumés en récitant des vers, *^

Choisis avec grand soin un ami de ton âge. I

Qu'il soit doux, vertueux et vaillant. A fombrage i

Des oliviers, le front orné de joncs en fleurs

Vous unire:^ vos voix; et les bonnes odeurs

Du smjrlax et du pin dans les airs dispersées V

Parfumeront vos cœurs et vos doctes pensées.

Sachant réaliser vos songes éclatants.

Vous aimere^ la vie et le jeune printemps

Lorsqu'au vent matinal le chêne vénérable

Mêlera son murmure à celui de térable.

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