HYMNE DIONYSIAQUE
Je chanterai le dieu ceint du lierre bruyant, Dionysos, féphêbe au cœur de flamme, ayant Tendu les cordes dor sur ma çythare creuse.
O fils de Sémélé, la divine amoureuse.
Les nymphes de Nysa font bercé sur leur sein
Dans les antres dorés où bourdonnait Fessaim
Des abeilles en feu qu'enivrait ton haleine.
Voluptueux et fier tu grandis, et Silène
De doux vins et de miel parfumé te nourrit:
C'est Pan au front cornu qui lui-même t'apprit A moduler tes chants^ posant tes doigts agiles Sur la syrinx de canne ou de roseaux fragiles ^ Et, d'un pied cadencé foulant les tendres fleurs, A danser mollement près des sources en pleurs. Héroïque et superbe, et les regards humides.
Aux saints enlacements des êtres tu présides; Tout ce qui vit f adore et reconnaît ta loi.
Portant le double thyrse et la coupe, c'est toi Qui dispenses la force et répartis la sève; A ton souffle vainqueur la nature se lève, Et c'est pourquoi, le plus aimé des Immortels, Nous avons couronné de roses tes autels.
Roi du monde. Soleil, Foyer de l'énergie.
Conduis dans la forêt ton cortège et l'orgie,
Exalte nos esprits et transporte nos cœurs.
Et soudain embrasés de tes saintes fureurs
Nous irons célébrer tes souverains mystères,
lo, lo! Voici, traîné par les panthères.
Le dieu puissant et doux, imberbe et triomphant.
Plus souple qu'une femme et plus beau qu'un enfant ;
La peau du léopard couvre sa hanche ronde.
Il s'avance inspiré : sur son épaule blonde
Roule sa chevelure aux flots ambrosiens.
Les prêtres, les danseurs et les musiciens
Aux sauvages accents d'une étrange harmonie
Enguirlandent son front et sa poitrine unie;
Les nymphes font entendre au loin leurs belles voix.
Et le bruit de leurs pieds enveloppe les bois.