‹ La jeune Belgique [microform]Chapitre 116 sur 215 · ÉPIGRAMME FUNÉRAIRE · texte numérisé non relu

ÉPIGRAMME FUNÉRAIRE

h,( Pour la patrie^ ayant contre les ennemis

:*'■ ' Envoyé ses huit fils orgueilleux mais soiimiSy

De ses pieuses mains, Démœnèie, leur mère^

^' Dans un même tombeau sous la viorne amère

f^" Les a, ceints de laurier, ensemble ensevelis.

^:^y Tu nas point vu ses jreux ardents de pleurs remplis,

'■;,. Nul reproche brutal n'est sorti de sa bouche.

V'. Elle a dit ces seuls mots, resignée et farouche,

i\- Refoulant dans son cœur les sanglots étouffants :

Pour toi /avais, ô Sparte, élevé ces enfants.

ANACRÈON

Beaux éphèbes pleureif ; Vous n'ave^ pas connu

Le chantre aimé du dieu capripède et cornu

Qui garde les troupeaux sous la vigne fertile.

Le cygne de Téos, celui qui pour Bathyle,

Dans sa coupe mêlant les roses et le vin.

Fit résonner la lyre ardente, étant divin,

Anacréon, V amant du beau Smerdis le Thrace.

Les hivers sur son front ne laissaient point de trace.

Quand il menait le chœur sous les pampres tremblants

Les vierges d'ionie aimaient ses cheveux blancs;

Et délaissant la flûte aux tiges inégales,

La chanson des roseaux et celles des cigales.

Les fers adolescents, ravis en le voyant.

Le couronnaient de fleurs et de lierre bruyant.

Tandis que lui, rieur et bavard, toujours ivre

Un peu, leur conseillait de jouir et de vivre

Sans songer au tombeau, sans craintes ni soucis.

Ils remplissaient sa coupe, et puis, l'ayant assis

Sous le myrte enivrant ou sous le frais mélè:çe.

Pour qu'il pût converser et s'abreuver à taise.

Ils le priaient, en lui portant les vins nouveaux.

Oubliant Héraclès et ses divins travaux.

De chanter près du saule où r abeille se pose,

Dionysos, Eros, Vhyacinthe et la rose.

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