LA FAUVETTE
La folle babillarde au joli casque noir
Qui, chaque jour ^ aux bords moussus de V abreuvoir
Venait lustrer sa plume, à l'heure où se reflète,
Dans les bassins moirés faurore violette,
La mutine fauvette, hôte de nos buissons.
Qui charmait nos loisirs de ses douces chansons,
Senivrant dans les fleurs de gouttes de rosée.
Est morte. Hier encor sur le rosier posée
Elle rivalisait avec le vert grillon.
Dont les appels stridents vibraient dans le sillon.
Elle n'est plus, hélas! et fai creusé sa tombe
Près des genévriers où pleure la colombe.
Elle sommeille ici, sous ce tertre léger.
Si ce hêtre t'abrite, 6 toi, jeune berger
Dont rame par ses chants fut si souvent ravie,
Quun souvenir ému lui redonne la vie.